Politique culturelle
Enquête : Green Street Art A la découverte du Green street art

Enquête : Green Street Art A la découverte du Green street art

03 octobre 2022 | PAR La Rédaction

Véritable symbiose entre l’écologie et le street art, le Green Street Art correspond aux attentes contemporaines, agissant comme le déclencheur d’une jeunesse émancipée. Cette nouvelle technique de graffitis, respectueuse de l’environnement, promeut l’écologie via des techniques en totale harmonie avec la nature ou en l’utilisant pour faire de l’art.

Par Anne-Claude  Vitry,  Pauline Enault, Arielle WilhemAlix Mardon, Anouk Labylle et  Romain Ferrier.

A défaut de pouvoir interpeller les citoyens sur les dégâts environnementaux qu’ils produisent, de nombreux artistes se sont pris au jeu d’enjoliver les rues pour créer des œuvres d’art végétales. Une pratique pacifique et écologique qui trouve pour origine les actions du mouvement Gardening Guerilla. Ces activistes prouvent ainsi leur engagement environnemental avec pour but ultime : créer une biodiversité de proximité dans les villes. Retour sur ce mouvement débutant officiellement en 1973 à New York avec le green guérilla.

Des artistes en herbe

Parmi les artistes pratiquant le Green Street Art, Xavier Ride se détache de par son style prenant et réaliste. Feuilles, pétales, pigments, gazon ou bois : “Mister Ride” s’est lancé dans cette aventure depuis l’adolescence. Alors étudiant aux Beaux- Arts, Xavier découvre le Land Art, mouvement dans lequel il a directement voulu s’engouffrer. Ce courant artistique, né dans les années 60, “permet aux artistes de sortir de leur atelier pour travailler en milieu urbain et mettre en avant la nature” en se l’appropriant, raconte t-il.

Symptôme d’une Terre fiévreuse, le Green Street Art est souvent utilisé comme moyen de dénonciation. Keja Création, l’utilise comme tel. “Mon moyen d’action, c’est mon aérosol. Je montre la dégradation de notre environnement à mon échelle, pour inciter une action collective”. a-t-il confié. Mister Ride lui, fait exception, en s’adonnant à ce mouvement d’une manière “plus divertissante”. Pour lui, c’est une évolution importante dans le monde de l’art puisqu’à l’époque, ce qu’on appelle désormais le street art, n’existait pas encore. Aujourd’hui, cette tendance permet d’habiller les murs de nos villes et de nos campagnes, mais aussi de développer, en particulier chez les jeunes, une conscience écologique.

Il intervient régulièrement dans les écoles pour évoquer l’importance de l’écologie à l’heure du réchauffement climatique. “Je monte des projets de plusieurs semaines avec les étudiants, souvent entre deux et quatre par an”, ajoute Xavier. Son dernier projet portait sur la création d’îles flottantes à installer sur le lac d’Orthez, dans les Pyrénnées-Atlantiques. Devant cette splendide cohésion, et à l’inverse de Victor Hugo, nous pourrions dire que la nature parle et que l’Homme est enfin prêt à l’écouter.

La cohésion de deux mondes

Un musée à ciel ouvert, l’utilisation de déchets recyclés ou encore le green street art. Cet art urbain est souvent associé à de la dégradation ou de la pollution visuelle pourtant il pourrait être une des formes artistiques les moins polluantes. “On a réalise des îles flottantes végétales, entièrement biodégradables pour le lac d’Orthez avec les élèves du lycée professionnel. Chaque élève a réalisé son île avec des matériaux biodégradables” explique Xavier Ride. L’artiste ajoute que “les élèves ont fabriqué la colle naturelle et biodégradable” pour coller leurs dessins réalisés avec de la mousse de forêt. Parmi les matériaux utilisés, s’ajoute la terre, l’écorce ou encore du gazon synthétique récupérés sur les terrains de tennis ou de foot avant d’être incinérés. Si dans ce domaine l’utilisation de bombes aérosols, de papiers non recyclés ou de matériaux non biodégradables constitue la plus grande part de pollution, il existe maintenant des bombes de peinture à l’eau plus respectueuses de l’environnement. Et bien que certains artistes choisissent de réutiliser les bombes de peintures pour créer de nouvelles œuvres, elles restent très dures à recycler autrement.

Alors, quels sont les éco-gestes à adopter en tant qu’artiste amateur ? Vous pouvez commencer par utiliser du papier recyclé, des minéraux naturels ou encore des plantes tinctoriales. Hula, artiste-peintre engagé et amoureux de la nature, place l’océan et le réchauffement climatique au cœur de ses œuvres.

“Peindre l’écologie” c’est aussi sensibiliser et donc agir, pour l’environnement. Représenter la nature est une solution, mais l’intégrer directement dans ses œuvres en est une autre. Si le graffiti a pour réputation de dégrader les biens publics, l’artiste martiniquais Xàn prouve le contraire en illustrant des figures de la culture africaine sur des murs où la nature reprend ses droits.

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Le green street art se détache de la réputation vétuste du street art, qui dégradait l’environnement. Il se rapproche finalement de son but premier : dénoncer des problématiques de notre société. Exposé à la vue de tous, il réussit une pirouette en se servant de l’urbanisation pour interpeller sur les dangers qui menacent la nature.

A lui maintenant de se tenir à la hauteur des attentes et de continuer à se placer en lanceur d’alerte pour protéger notre écosystème.

 

*Enquête réalisée dans le cadre d’un cours d’introduction au journalisme culturel donnée à l’EFJ par Yaël Hirsch et Melissa Chemam.

 

Visuels : © Xavier Ride sur Instagram

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