Politique culturelle
Des cinéastes et comédiens demandent de suspendre la convention collective à François Hollande

Des cinéastes et comédiens demandent de suspendre la convention collective à François Hollande

01 octobre 2013 | PAR Hugo Saadi

Ce mardi 1er octobre est une journée importante et sous haute tension pour le cinéma Français. La convention collective de la production cinématographique est censée entrer en vigueur ce jour et hier, lundi 30 septembre, une lettre signée par cent cinéastes et comédiens a été adressée au Président de la république lui demandant de « suspendre » l’application de ce texte. Éclaircissements sur le sujet :

 Que prévoit la convention collective en question ?

Il s’agit d’une extension de la convention collective datant de janvier 2013 censée entrer en vigueur en juillet qui a été repoussée au 1er octobre. Elle prévoit que les productions françaises devront respecter les tarifs syndicaux en vigueur. Les principaux acteurs touchés sont de multiples producteurs indépendants qui montent des films en engageant des techniciens à des salaires entre – 10 % et – 40 % sous le tarif minimum. De plus, ces derniers devraient également respecter le versement des heures supplémentaires, des tarifs de nuit, ainsi que des heures de transports. A noter tout de même qu’il existerait un système dérogatoire pour les films de moins de 2,5 millions d’euros de budget. En effet, le 6 septembre dernier, le Conseil d’État, saisi en urgence, avait suspendu en partie l’exécution du texte concernant les films de moins de 2,5 millions de budget mais l’avait validée pour les autres.

 Qui sont les signataires de la lettre adressée à François Hollande ? Et pourquoi ?

Une centaine de cinéastes et d’acteurs parmi lesquels M. Amalric, J. Audiard, C. Klapich, A. Desplechin, C. Sciamma ou encore J. Bertuccelli. Ils sont soutenus par les syndicats de producteur indépendant (APC, APFP, SPI, UPF) qui représentent 95% des films produits en France et par la CFDT. Ils estiment que les nouvelles normes salariales vont compromettre la production des films d’auteur toujours plus difficile à financer face aux grosses productions. De plus, ils dénoncent une convention qui « sous certains aspects produit de vraies avancées sociales pour les salariés mais qui nie la spécificité artistique du secteur et la souplesse nécessaire à la création des films ».

Toute la profession est d’accord sur la nécessité d’une nouvelle convention collective mais les partenaires sociaux sont divisés, les signataires étant opposés à une seule Association des producteurs indépendants, l’API qui regroupe Gaumont, MK2, Pathé et UGC. Le 7 septembre 2013, les ministres du Travail et de la Culture, Michel Sapin et Aurélie FIlippetti avaient lancé un appel aux partenaires sociaux pour qu’ils « poursuivent la négociation » afin de conclure un accord avant le 1er octobre. Hier encore, les partenaires sociaux étaient toujours en cours de négociation. Affaire à suivre.

 

visuels : (c) Aurélie Filippetti et Michel Sapin (Reuters/Philippe Wojazer)

(c) weegeebored/Flickr

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Hugo Saadi

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