Politique culturelle

Aurélie Dupont devient directrice de la danse à l’Opéra de Paris

Aurélie Dupont devient directrice de la danse à l’Opéra de Paris

04 février 2016 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Hier la nouvelle de la démission de Benjamin Millepied a fait l’effet d’une bombe. Le danseur et chorégraphe a laissé fuiter l’annonce de son départ dans la presse. En début d’après-midi, lors d’une conférence de presse organisée en urgence, Lissner a donné le nom de sa remplaçante, la danseuse étoile Aurélie Dupont.


« Un certain nombre de questions se posaient ». Stéphane Lissner, le directeur de l’Opéra de Paris, évoque, entouré de Benjamin Millepied et Aurélie Dupont, les difficultés à assumer un patrimoine.

« Le travail qu’il a entrepris a fait bouger les lignes indéniablement. »

Le bilan de Millepied est largement salué. Notamment son travail sur la santé des danseurs. « Il a donné de l’air » dit Lissner.

La nomination d’Aurélie Dupont apparaît comme une continuité. Elle connaît chacun des 154 danseurs. Elle prendra ses fonctions en septembre 2016.

Aurélie Dupont a passé trente-deux ans à l’Opéra. Elle y fut étoile et elle est une très jeune retraitée. Cette nomination apparaît comme se plaçant dans une filiation évidente.

« Aurélie a été pour moi une muse » a déclaré Millepied qui a souvent créé pour elle. Le chorégraphe qui pour sa part souhaite, on le sens déjà lassé par la « vieille dame », revenir à la création.

La toute nouvelle directrice s’est déclarée « heureuse », « touchée » mais aussi « surprise ». Elle souhaite aborder sa carrière avec « exigence » et veut se placer dans les pas de Millepied concernant la modernisation magnifiquement entamée depuis deux ans. Mais, Aurélie Dupont ne veut pas faire de l’Opéra un lieu contemporain. L’Opéra restera un lieu dédié à la danse classique.

Il est fort à parier qu’Aurélie Dupont fera des changements en douceur. Les critiques pointent une fois Benjamin Millepied parti, sans laisser la possibilité aux journalistes de l’interroger. Aurélie Dupont trouve cela « insuffisant sur une saison de ne présenter que deux productions classique ». La raison évoquée est que la rigueur du classique permet de former de meilleurs danseurs. La phrase fera bondir les héritiers d’un Cunningham ou d’un  Forsythe.

À demi-mots, Lissner a appuyé l’idée que Millepied se concentrait sur trop de tâches et que l’appel de la chorégraphie était plus fort pour lui que celui de la direction administrative.

Un pas chassé vers une modernisation plus lente et un retour à la danse classique sont donc à prévoir.

Visuel : @ABN.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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