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Plateforme 10 à Lausanne, l’art accoste au bout du quai

Plateforme 10 à Lausanne, l’art accoste au bout du quai

04 février 2020 | PAR Sabina Rotbart

 

Le nouveau musée des Beaux-arts du canton de Vaud (MCBA), vient d’ouvrir. C’est la première étape de Plateforme 10, nouveau quartier culturel situé au cœur de Lausanne, à la gare. Un lieu  qui rassemblera à terme, en 2021, trois musées, un parcours botanique, des ateliers d’art et des restaurants.L’occasion de redécouvrir la ville.

Un musée posé en bout d’aiguillage

Créer un espace dédié aux arts en bout de quai, sur une friche ferroviaire,  l’idée semble évidente en Suisse, pays à la culture ferroviaire emblématique. Mais voilà, c’ est une vision stéréotypée. Car d’autres villes ont eu la même politique d’aménagement artistique, Vienne, Liège ou Bordeaux, avec par exemple dans cette dernière ville la MECA, qui réunit FRAC et création artistique à côté de la gare LGV. Mais ce qui surprend ici c’est l’importance du projet, 25000 m2.

Plateforme 10 à Lausanne, est comme son nom l’indique, un vaste espace littéralement au bout des quais de la gare, près d’une ancienne plateforme d’aiguillage. C’est un pari très nettement audacieux, celui de réunir le Musée des Beaux arts du canton de Vaud, terriblement à l’étroit jusque là dans ses bâtiments XIXème et bien pourvu par ses riches donateurs, le musée de l’Elysée, doté d’une aura internationale, car riche d’un patrimoine photographique de plus d’un million de phototypes et le Mudac, intéressant musée de design contemporain où l’on peut découvrir, entre autres, la production suisse contemporaine.

Des arcades qui rappellent beaucoup le Viaduc à Paris entourent le site et doivent accueillir à terme de petites boutiques investies par les fabriques locales comme Caran d’Ache ou des pop-up montrant l’artisanat d’art suisse.

Un musée strict dehors, lumineux dedans

Mais revenons au Musée juste inauguré (MCBA). L’austérité apparente du bâtiment peut surprendre dans cette partie de la Suisse à majorité catholique. Longiligne, avec des baies vitrées masquées par de longs volets, il a été conçu par le cabinet d’architectes barcelonais EBV (celui-là même qui doit bâtir la nouvelle aile de l’Art Institute of Chicago).

Sur la vaste esplanade qui précède le nouveau bâtiment, une sculpture de Xavier Veilhan et Olivier Mosset en forme de train fantôme. C’est une évocation de la Crocodile, mythique locomotive suisse, dont la forme ramassée, puissante, presque violente ne laisse pas de marbre.

Simplissime à l’extérieur, le musée séduit dès l’entrée par sa luminosité zénithale douce et surtout par les œuvres qu’il recèle. Car l’endroit a bénéficié de dons exceptionnels faits par de grands spécialistes de l’art contemporain comme la galériste Alice Pauli, personnage clé de la foire Art Basel qui a fait don d’œuvres de Penone, Rebecca Horn, Jim Dine… . Le musée possède en outre une très belle collection d’artistes suisses (Soutter, Hodler, Hirschorn…) ou ayant vécu en Suisse, comme Balthus, et va également héberger la Fondation Vallotton, référence mondiale pour cet immense artiste.

A côté du fond moderne et contemporain déjà très riche, le visiteur découvre des tableaux historiques passionnants. Comme le terrifiant « Massacre de la saint Barthélemy » (1572) de François Dubois, un protestant français réfugié en Suisse. Fait appréciable, l’entrée de la collection permanente est gratuite. Après une pré-ouverture autour des dons, qui ont construit la collection d’une richesse impressionnante, « A fleur de peau, Vienne 1900 » la première exposition temporaire, débute le 14 février. www.mcba.ch, www.plateforme10.ch).

Tout près, aller redécouvrir Charlie Chaplin

Chaplin, direz-vous, mais nous connaissons ! Peut-être pas. D’ailleurs Nantes montre actuellement son impact sur les artistes des avant-gardes qui furent ses contemporains. Les transports publics mènent, près de Vevey, à la propriété splendide où il passa la fin de sa vie. Chaplinsworld séduit. Car ce sont des extraits de films inconnus, sortis des réseaux de diffusion, qui sont présentés là entourés d’une scénographie riante, au cœur d’un jardin splendide. www.chaplinsword.com

 

A l’ouest de Lausanne, histoire d’éprouver une temporalité différente, on peut rejoindre Morges, et déjeuner face au lac dans l’ancien Casino délicieusement désuet www.casinomorges.ch. Et voir de petits musées, comme la Fondation Forel (ouverte de mai à janvier) aux expositions rigolotes. La Suisse vue par le cinéma, de Heidi à James Bond, par exemple. www.Museeforel.ch

Vous préférez prendre de la hauteur? Filez à la Brasserie de Montbenon posée au milieu d’un très beau parc. Dans ce lieu très joyeux qui abrite une bonne table de produits locaux (rillettes de féra du lac, cardons à la truffe du Jura vaudois…), vous pouvez si le temps est clément, admirer le coucher du soleil sur le lac. Mais surtout assister à un des festivals très pointus de la Cinémathèque suisse qui loge ici… www.brasseriedemontbenon.ch.

 

 

Comment y aller : avec le train Lyria, à partir de 90 euros AR. www.TGV-Lyria.com

 

Où loger : Le nouvel hôtel Moxy au Flon, est idéal pour où sortir le soir écouter de la musique, courir les bars (95 euros)…www.moxy-hotels.marriott.com. Pour un week-end romantique, le château d’Ouchy s’impose, lieu néogothique mais branché amarré au bord du lac (245 euros). Ou le Lausanne palace, le must (310 euros).

 

Où s’informer :

http://www.lausanne-tourisme.ch/frwww.Lausanne-tourisme.ch/fr et aussi www.Myswitzerland.com/fr

 

http://www.plateforme10.ch

 

Copyright MCBA

 

Agenda classique et lyrique de la semaine du 4 février 2020
« L’époque », de Matthieu Bareyre : « Paris dernière » de la jeunesse d’après 2015
Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

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