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Le groupe Lagardère se sépare de dix magazines dont « Première » et « Psychologies Magazine »

Le groupe Lagardère se sépare de dix magazines dont « Première » et « Psychologies Magazine »

18 octobre 2013 | PAR Hugo Saadi

Arnaud Lagardère a lancé un pavé dans la marre médiatique hier matin en annonçant se séparer d’un tiers de ses titres dont « Psychologies Magazine » et « Première ». Ces ventes entraîneront la suppression de 350 postes environ sur les 1400 que compte la branche presse. Les salariés de l’ensemble du groupe Lagardère, premier groupe français de presse magazine également propriétaire de titres comme « ELLE » ou « Paris Match », ont voté une grève générale à partir de lundi prochain.

Les rumeurs et les inquiétudes des salariés se propageaient depuis plusieurs semaines à tous les étages du groupe Lagardère Active. En effet, en interne on parlait d’une cession qui toucherait un des fleurons du groupe comme « Paris Match » ou « Elle » afin d’appâter les acheteurs par un titre à grande portée. C’est finalement le féminin « Be », le magasine de cinéma « Première », « Psychologies Magazine », « Auto Moto », « Union » et le « Pariscope » qui rejoignent le pôle décoration (« Le journal de la Maison », « Mon jardin, ma maison »…) dans les titres à céder. Cette annonce a donc eu l’effet d’un choc pour ce groupe au demi milliard de chiffre d’affaires. Mais cela n’était pas une surprise pour autant. Effectivement, début 2011, Arnaud Lagardère avait déjà cédé tous ses titres à l’international au groupe Américain Hearst, il poursuit logiquement son désengagement de la presse, un secteur en baisse qui est fortement exposé au recul des ventes.

Le groupe annonce alors vouloir concentrer ses efforts sur « ses marques les plus puissantes afin qu’elles puissent déployer un projet de développement qui leur soit propre ». De plus face à la rupture provoquée par le numérique, Lagardère Active souhaite maintenir en activités les éditions web du « Pariscope » et de « Première ». Denis Olivennes qui dirige la branche médias du groupe depuis trois ans indique que les titres qui doivent être vendus sont « tous rentables sauf ‘Be’ ». Après cette phase de cession qui pourrait s’étaler sur trois à six mois, la branche magazine sera réorganisée en cinq « univers » articulés autour des marques fortes : le féminin haut-de-gamme (« ELLE »), l’actualité (« le JDD » et « Paris Match »), le grand public (« France Dimanche », « Ici Paris »), le divertissement (« Public » et les versions numériques du « Pariscope » et de « Première ») et le pôle familial (« Doctissimo », « Parents).

Enfin du côté salarial, ce plan de réorganisation doit se traduire par la suppression de 350 postes. Dans l’entretien accordé au journal « Le Monde », Denis Olivennes annonce que dans cette suppression « une majorité travaille dans ou pour les titres cédés, les autres sont concernés par la réorganisation qu’implique la diminution de notre portefeuille ». Mais du point de vue des salariés, choqués par l’ampleur de la restructuration les calculs ne sont pas les mêmes. Selon un élu du comité d’entreprise « En comptant les CDI, les CDD et les pigistes, les cessions annoncées et la réorganisation prévue concernent 567 emplois ». Pour protester contre ce plan, les salariés ont voté une grève générale reconductible, à partir de lundi.

visuel : (c) Eric Piermont/AFP

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Hugo Saadi

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