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[Interview] Olivier Oltramare co-fondateur de la revue Breeks

[Interview] Olivier Oltramare co-fondateur de la revue Breeks

03 octobre 2014 | PAR Sandra Bernard

Fort de deux constats : Les geeks d’hier sont devenus les parents (toujours geeks) d’aujourd’hui et le regard sur la culture geek a beaucoup évolué en à peine quelques années, bien qu’il reste des idées reçues à combattre. Olivier Oltramare et Nicolas Forsans se sont lancés dans l’aventure Breeks, un magazine destiné aux familles de geeks. Mais pour faire de ce projet une réalité, ils ont besoin de vous. Afin de vous présenter ce beau projet, Toute la culture a interviewé Olivier Oltramare, rédacteur et co-fondateur de Breeks.

Bonjour, pourriez-vous vous présenter et présenter votre projet Breeks ?

Olivier Oltramare  : spécialiste de la presse geek où j’ai travaillé près de 15 ans, j’ai ensuite travaillé  dans la presse pour enfants avec la création, entre autres, de Manga Kids, puis, plus récemment, de Chasseurs de Monstres qui fait le lien entre ce que les enfants vivent au quotidien (les dinosaures et les monstres avec lesquels ils jouent) et la culture plus étendue. Le magazine fonctionne bien puisqu’il s’en vend actuellement 20 000 exemplaires.

Breeks est un projet de magazine familial particulier, centré sur des cultures familiales. Les références geeks sont devenues mainstream dans les films, la publicité etc. Breeks se présente comme un bel objet qui sert de lien entre les membres de la famille par ses thèmes.

Depuis combien de temps caressez-vous ce projet de magazine ? Y a t-il un lien avec vos précédents projets ?

Cela fait 1 an et demi que nous travaillons sur Breeks. C’est non seulement le résultat de mes expériences professionnelles, mais également de ma rencontre avec Nicolas Forsans qui a fondé sa maison d’édition sur la culture populaire et donc un peu geek.

A quoi ressemble le magazine idéal pour vous ? En quoi et comment Breeks va-t-il se démarquer de la concurrence ?

On a voulu mettre notre vision du magazine idéal dans Breeks, avec une participation des lecteurs. L’interactivité avec les lecteurs est au cœur du projet. On voulait faire un magazine qui se réinvente et se reconstruit tout le temps. Quelque chose qui bouge et qui évolue avec la société, quitte à s’éloigner parfois un peu de notre ligne éditoriale première. C’est aussi un magazine qui cherche de nouveaux terrains d’expression.

Pourquoi choisir de faire une version papier et une version numérique ? Allez-vous associer du contenu enrichi ?

On nous demande souvent pourquoi faire une édition papier. Pour nous, le papier a toujours sa place dans notre société. Il a quelque chose à transmettre. Le papier dit quelque chose, quand on prête ou que l’on donne un magazine papier, l’impact est plus important que quand on donne juste des liens. D’autre part, nous souhaitons faire un bel objet que l’on a plaisir à collectionner. La version numérique (PDF) est vue comme un complément à la version papier. Une manière de faciliter la lecture sur tablette. Le contenu enrichi, tels des vidéo ou des liens, n’est pas au cœur du projet, mais nous serons peut-être un jour obligés d’y venir. 

Pouvez-vous nous parler un peu de l’identité graphique de Breeks ? De la mise en page Originale, à la manière d’un Tetris ? Pourquoi un format à l’italienne ? 

Avec notre directeur artistique François Houssin, graphiste chez Ankama, nous en avons discuté. Le but étant que les lecteurs conservent le magazine, il fallait quelque chose de beau, d’attractif. Chaque page est composée de briques, c’est un moyen d’offrir différents points de vue sur un sujet donné et donc un sujet complet.

A qui s’adressera le magazine ?

Breeks est principalement destiné aux familles et aux papas geeks (les mamans geeks, bien que moins nombreuses, sont bien entendues prises en compte aussi). Dans la geekité, il y a une manière bien personnelle de vivre sa paternité en partageant ses passions. Les geeks n’ayant pas d’enfants trouveront également de quoi se satisfaire, puisque les sujets seront traités de manière universelle. 

Il y a tellement de manières d’être geek, comment fédérer les différentes tendances ?

Nous avons délibérément choisi une définition large et minimaliste de « geek ». Pour nous, il s’agit « d’un marqueur culturel qui indique qu’à un moment de notre vie, des univers de fictions quel que soit le support ou le genre, nous ont traversé et influencé pour construire notre identité, et font partie intégrante de nous une fois adulte ».

Dans Breeks 0, il n’y a pas beaucoup de références à la pop culture japonaise, cela va-t-il évoluer dans les prochaines versions ? Au contraire, il y a de nombreuses références aux Lego ?

Concernant la culture japonaise, elle n’est pas oubliée et l’on planche actuellement dessus. Pour les Lego, c’est devenu l’un des principaux symboles tangibles de la culture geek aujourd’hui.

Parlons maintenant du financement. Pourquoi avoir choisi le financement participatif avec une campagne ulule ? (Financer tout ou partie du projet, créer une communauté, voir ce qui plait, etc.) 

C’est exactement ça. Le crowdfunding est une Odyssée. Certes, de cette manière, on finance le projet, mais c’est aussi le moyen de tisser des liens avec les futurs lecteurs et les partenaires potentiels. En outre, on teste le marché et on commence à communiquer. Depuis le début de la campagne ulule, nous avons de plus en plus de visibilité et déjà plusieurs partenariats si le projet aboutit comme nous le souhaitons. A l’heure actuelle, nous avons bon espoir de dépasser le premier ou le second palier, mais rien n’est encore fait.

Vous faites part de votre volonté d’indépendance éditoriale, cela veut-il dire qu’il n’y aura ni publicité ni publi-rédactionnel dans vos pages ?

Publi-rédactionnel non [réponse catégorique]. La publicité, c’es autre chose. C’est devenu un incontournable dans le modèle économique d’un magazine. Cependant; ce sera une publicité choisie et triée pour rester en adéquation avec l’esprit de Breeks.

Nous voici arrivés à la dernière question. Vous incitez les lecteurs à participer activement au magazine, non seulement financièrement mais également par de petites contributions, est-ce la volonté de créer une communauté de fans ? Peut-être même ouvrir un forum ?

Effectivement, le partage est au cœur de Breeks. Nous invitions nos lecteurs à nous faire part de leurs bons plans, d’événements, de bonnes adresses et de sites intéressants pour tous les geeks. Pour le forum, c’est en cours de réflexion.

Merci à Olivier Oltramare d’avoir consacré un peu de son temps pour nous parler de Breeks, son nouveau projet mené conjointement avec Nicolas Forsans.

Visuels :  Kristina Alexanderson pour Breeks.

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Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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