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La restauration de la Chapelle des Médicis par une mystérieuse bactérie

La restauration de la Chapelle des Médicis par une mystérieuse bactérie

01 juillet 2021 | PAR Orane Auriau

Grâce à une équipe composée de conservateurs, d’historiens et de scientifiques, la Chapelle réalisée par Michel-Ange, au sein de la Basilique San Lorenzo, a pu être restaurée.

Ville riche en patrimoine culturel de la Renaissance, en monuments et musées, fief historique de la puissante famille des Médicis, Florence compte aussi beaucoup d’œuvres nécessitant d’être protégées. Car le problème c’est qu’avec l’usure du temps, des restaurations s’imposent. Au menu : dégradation des couleurs, des matières, problèmes de moisissure, et dans le cas de l’une des chapelles des Médicis, apparition de taches mettent en péril l’œuvre de Michel-Ange. Hélas, durant longtemps, les tentatives de restaurations furent un échec.

Toutes les bactéries ne sont pas néfastes

C’est une belle surprise, mais aussi surprenante. En effet, les bactéries et champignons et micro-organismes en tous genres sont habituellement des ennemis qui mettent en péril les œuvres d’art ; en témoigne le triste cas de la grotte de Lascaux, qui a ainsi dû fermer ses portes en 1963 à cause de la propagation sur ses murs d’un champignon ravageur pour les peintures rupestres, le fusarium solani, associée à la « maladie verte » causée par la des microalgues, problèmes auxquels s’est rajouté le développement de la bactérie pseudomonas fluorescens.

Mais les restaurateurs d’œuvres d’art ont maintenant recours à certaines bactéries. Dans le cas de cette chapelle de la Nouvelle Sacristie (Sagrestia Nuova en italien), c’est à la SH7 que l’on doit tout. Plus précisément nommée Serratia ficaria SH7, elle permet d’absorber les polluants qui se sont déposés sur les façades , tombes familiales et sculptures conçues par le maître. Ce qui a le mérite de rendre moins périlleuse la restauration des œuvres par la main des restaurateurs, qui n’ont plus qu’à diffuser la bactérie sur les surfaces.

 

Les taches de la Sagrestia Nuova : un problème de longue date

Le sculpteur de la Haute Renaissance Michel-Ange avait travaillé ce mausolée de 1520 à 1527, suspendu sa progression durant le sac de Rome avant de la reprendre de 1530 à 1534. Or, la propagation des taches daterait de l’époque, causée par l’inhumation hâtive d’Alexandre de Médicis qui n’aurait pas été embaumé dans les règles de l’art, lors de son trépas en 1537. Pour ne rien arranger, de nombreux moulages de plâtre ont été réalisés pour répliquer les sculptures, ce qui a accéléré leur dégradation.

La SH7 permet ainsi de faire disparaître des polluants, les protéines néfastes et phosphates responsables des dégâts. La bactérie est prometteuse, puisqu’elle aide à combattre les moisissures, et ce en laissant intact les sculptures. La découverte est due à Anna Rosa Sprocati, biologiste de l’Agence italienne pour les nouvelles technologies, qui est parvenue à isoler le champignon parmi l’étude de 1000 spécimens. Les premiers essais de la SH7 ont été réalisées sur la tombe tachée d’Alexandre de Médicis. 

Ce projet donne par ailleurs de bons espoirs pour d’autres restaurations, puisque que la Basilique Saint-Pierre de Rome est aussi restée grâce à la bactérie – plus spécifiquement la peintre La Rencontre entre Léon Ier le Grand et Attila de Raphaël. De belles perspectives à venir donc, pour le monde de la restauration.

 

Visuel : © Robert Wash

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Orane Auriau

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