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Idriss Aberkane : génie ou imposteur ?

Idriss Aberkane : génie ou imposteur ?

02 novembre 2016 | PAR Ophelie Masson

Idriss Aberkhane enchaine conférences et séances de plateaux télé lors desquelles il tente de vulgariser les neurosciences auprès d’un public non scientifique. Seulement voilà, son CV mirobolant aurait mis la puce à l’oreille de certains. Alors, génie ou imposteur ?

Un CV trop beau pour être vrai
À seulement trente ans, il se targue d’avoir déjà obtenu pas moins de trois doctorats et d’être passé par les institutions de l’enseignement supérieur les plus célèbres et les plus prestigieuses : Cambridge University, Stanford University, l’ENS Ulm, le Collège de France et l’Ecole Polytechnique, rien que ça. Il dit également être détenteur de trois doctorats et se présente comme émissaire de l’UNESCO. Il est en fait Ambassadeur de UniTwin CS-DC, un organisme faisant le lien entre l’UNESCO et l’université dont font partie les directeurs de sa seconde thèse. Il n’est jamais nommé sur le site de l’UNESCO proprement dit. Un défaut de précision qui ne laisse pas moins de place au doute.
Idriss Aberkane s’est fabriqué un CV gonflé à l’hélium.

Transmettre les neurosciences au grand public
Avec plus de 170 conférences données dans le monde entier, avoir fondé de trois entreprises et avoir même inventé un nouveau mot, la « neurosagesse », nul doute qu’Idriss Aberkane ne tient pas en place. Invité d’Anne-Sophie Lapix ce mois-ci sur France 5, dans l’émission C à vous, le Docteur nous invite à libérer notre cerveau dans son nouveau livre paru aux Editions Robert Laffont.

Pour être sûr qu’on se rappelle de lui, le scientifique n’hésite pas à glisser des « vannes » dans ses apparitions. Une démonstration pure de neuro-ergonomie puisque l’humour permettrait de mieux se souvenir.
Bien que décrié par une partie de la communauté scientifique, Idriss Aberkane n’en reste pas moins un fin connaisseur des neurosciences. Des sciences souvent perçues comme complexes et donc abstraites par le grand public et qu’il tente donc de démystifier.
Reste à savoir si la fin justifie les moyens. L’aurait-on écouté, parlé de lui et même écrit un article à son sujet, si nous n’avions pas d’abord eu vent de ce CV digne d’un homme à plusieurs vies ?

Visuel: Capture écran Youtube – C à Vous

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Ophelie Masson

4 réflexions au sujet de « Idriss Aberkane : génie ou imposteur ? »

Commentaire(s)

  • Olivier Marteaux

    La fulgurante ascension d’Idriss Aberkane dans la conscience médiatique devait bien un jour susciter des réactions de jalousie.
    Je métonne de leur caractère coordonné. Quelles chasses gardées, quels statuts ou privilèges a-t-il bien pu inquiéter ?
    Ce serait une erreur quelque peu stupide de croire que les auditeurs et les lecteurs d’Idriss Aberkane aiment ses conférences et ses livres pour son CV plutôt que pour ses idėes. Mesdames et messieurs les journalistes, laissez là votre nostalgie des titres d’Ancien Régime. Intéressez vous d’abord au contenu, vous en verrez la puissance et la portée.
    Quant au CV lui – même, votre réaction me laisse sur le séant : la richesse et la diversité du parcours d’Idriss Aberkane sont des atouts qu’aucun acteur économique ou social doué de raison ne saurait ignorer.
    Allez, dėtendez-vous, oubliez votre peur de ne pas pouvoir juger par vous- mêmes, et ouvrez-vous à l’ėconomie de la connaissance.

    novembre 5, 2016 at 3 h 18 min
  • ced

    Ce gars est bidon. Ni scientifique, ni vulgarisateur. Une Licence 3 en SVT et voilà son parcours scientifique. Le reste c’est du pipeau, de la littérature, de la poésie et de l’enfumage. Franchement ce gars est le Michael Vendetta des sciences, un mauvais clown, et assez vulgaire avec ça.

    novembre 11, 2016 at 21 h 49 min
  • D Mars

    Qu’il ne mérite pas son image de chercheur sur diplômé serait dommageable à son discours : car il la met systématiquement en avant.
    Comme conférencier, il a un incontestable talent ; bien que ses interventions soient parfois émaillées de notes humoristiques qui tombent à plat.
    Que la connaissance soit un fonds « premier » pour le développement de l’humanité, après une « courte » réflexion, est une évidence première. Que la connaissance soit un fonds « illimité », alors que les ressources de la Nature sont limitées, est une considération métaphysique ou philosophique qui contient un paradoxe : comment soutenir que la somme d’informations « gérables » par notre cerveau ou nos appendices (technologie) est supérieure à celle contenue dans le lexique « Nature » – sachant que l’humanité est une sorte de sous-ensemble du domaine Nature ? Un sous-ensemble peut-il être plus vaste et plus pertinent que l’ensemble qui le contient et le détermine ?
    On me dira, avec aplomb et bon sens, qu’il s’agit de ressources « physiques » ! Oui…Bien sûr.
    Mais combien de ressources restent à identifier ?
    Et puis, comment peut-on émettre une telle affirmation alors que la connaissance actuelle est incapable de démontrer qu’elle a un caractère… illimité ?
    L’humanité dans sa frénésie consomme littéralement sa planète (Maltus avait raison finalement).
    Des millénaires d’accumulation de connaissances pour l’humanité et nous en somment… là !
    « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Rabelais
    Et si le véritable enjeu est et a toujours été… la sagesse ?
    J’espère que ce qui précède n’est pas du « neuroblabla ».

    janvier 15, 2018 at 19 h 57 min

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