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Décès de l’écrivain et journaliste américain Tom Wolfe

Décès de l’écrivain et journaliste américain Tom Wolfe

16 mai 2018 | PAR Claudia Lebon

Tom Wolfe, l’écrivain et journaliste américain à forte personnalité, auteur du best-seller Bûcher des Vanités, s’est éteint lundi à New-York à l’âge de 88 ans.

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Avec son look de dandy et sa langue acérée, Tom Wolfe n’hésitait pas à affirmer une personnalité bien marquée. Souvent critiqué par ses pairs, l’écrivain a consacré sa plume à la peinture de la société américaine, se revendiquant de l’hyperréalisme, dans la lignée de Zola. Reprenant les termes de Balzac, il affirmait vouloir être le « secrétaire de la société ».

Issu d’une famille modeste de Virginie, c’est à l’âge de cinq ans, après avoir appris à lire,  que le petit garçon déclare vouloir être écrivain. Fils d’un père conservateur, il étudie à Yale consacrant son doctorat à l’influence du communisme sur les écrivains américains de 1928 à 1942, sur un ton très critique.

Tom Wolfe commence pourtant dans le journalisme. Il démarre sa carrière à New-York où il travaille pour plusieurs quotidiens et magazines, dont Esquire. Le journaliste s’inscrit dans le mouvement du « new journalism » initié par Norman Mailer, Truman Capote et Hunter S. Thompson. Ses reportages sont construits comme des fictions empruntant à la littérature ses procédés narratifs. Raconter à la première personne, du point de vue des protagonistes de l’affaire, retranscrire leurs dialogues, les situer dans leur contexte social, « comme pour un roman » disait-il.

Tom Wolfe se tourne ainsi petit à petit vers la littérature avec une série d’essais qui le font connaître du grand public dans les annés 70 et 80. L’Étoffe des héros raconte l’histoire de sept astronautes à la conquête du ciel, sur fond de guerre froide entre les Américains et les Russes. Il y décrit la vie quotidienne des pilotes américains, héros de guerre.  Acid test suit le parcours sous LSD de Ken Kesey, l’auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucous et son groupe de « joyeux lurons », les Merry Pranksters, à travers les Etats-Unis. Dans Le Gauchisme de Park Avenue, l’écrivain journaliste réalise une peinture férocement ironique de la société américaine.

Mais c’est son premier roman, paru en 1987, qui lui vaut un succès international. Le Bûcher des vanités, un roman choc qui réalise une fresque de la société new-yorkaise en racontant la chute d’un gagneur de Wall Street, est un best-seller mondial. Argent, politique, presse, Bourse et conflits raciaux, jamais la ville n’avait été autant explorée et aussi bien décrite dans la littérature. Son deuxième roman Un homme, un vrai suit les mésaventures d’un milliardaire sur fond de tension raciale dans le sud des Etats-Unis. Le réalisme est tout aussi criant dans son troisième roman, Moi, Charlotte Simmons, consacré à la description de la vie de campus d’une grande université américaine.

Les réactions qui ont suivi son décès n’ont pas manqué sur les réseaux. L’émission La Grande Librairie a annoncé qu’un hommage lui sera rendu jeudi en présence de son ami Philippe Labro, journaliste, écrivain, réalisateur et auteur de chansons. Dans un tweet publié mardi, l’INA a partagé une vidéo de l’écrivain que l’on peut voir dans son habituel et élégant costume blanc, invité sur le plateau d’Apostrophes en 1988, pour s’exprimer sur son livre Le Bûcher des vanités, en présence de Claude Lévi-Strauss.

Visuel © CC BY-NC-ND 2.0

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Claudia Lebon

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