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Barbie-Geekette: yes, she can!

Barbie-Geekette: yes, she can!

21 novembre 2014 | PAR Marie-Lucie Walch

Alors que Mattel, propriétaire de la marque Barbie s’est excusé mercredi sur facebook des propos machistes de son livre Barbie: Je peux être une ingénieure en informatique (Barbie: she can be a Computer Engineer), une doctorante en informatique propose une nouvelle version, Barbie, Remixed, dans laquelle Barbie peut (vraiment) être une programmatrice de choc.

Mattel décline différents livres sur les métiers accessible aux femmes avec un modèle-type, Barbie: Je peux être… Il était possible de voir une évolution depuis les années 1960 (Je peux être mannequin) à nos jours (Je peux être candidate aux élections présidentielles), montrant ainsi aux petites filles que tout leur était possible. Or, une chercheuse en informatique, Casey Fiesler, a dénoncé dans son blog le sexisme latent du dernier ouvrage de la série. Sorti en 2010, le livre présentait Barbie, à lunettes pour l’occasion, échouant à créer un jeu vidéo seule. En plus d’être incapable d’allumer un ordinateur, elle passait son temps à solliciter l’aide de ses amis garçons. Une telle image de « la blonde dans toute sa splendeur » a provoqué de vives réactions sur le site de la jeune américaine et les réseaux sociaux. Celle-ci propose alors un remix du livre problématique, et rétablit la poupée platine dans une position intellectuelle plus recevable. Non mais.

On y trouve Barbie rivée sur son écran dès le petit déjeuner. Ce matin, elle a décidé de créer un nouveau jeu vidéo et fait part de son projet à Skipper, sa petite sœur. S’ensuit un dialogue féministe dans lequel elle l’encourage à poursuivre son rêve de devenir physicienne. Barbie se rend alors en cours de codage où elle cloue le bec à tous les machos de sa classe, parce que « On peut aimer le rose et être une programmatrice informatrice vraiment très bonne ». Elle finira par présenter fièrement son jeu mettant en scène des robots-chiots « super mignons » (on reste dans l’univers de Barbie quand même) qui tirent des rayons lasers quand ils sautent (ah non, en fait). Au passage, l’auteure en profite pour palier  d’autres injustices ayant cours depuis trop longtemps à son goût. Des phrases assez gender comme  « Je veux seulement être jugée sur le travail que je fais, pas sur mon genre » ou « Il n’y a rien de mal à ce qu’un mec aime le rose » se glissent au milieu de l’intrigue. Et, pour ne pas faire de jaloux, Barbie accepte la collaboration de Stephen son ami black (le fameux quota!), au faciès tellement similaire à celui d’Obama que c’en est troublant.

barbie illustration

 

Barbie est vengée, et tous les autres aussi. Mais à force de s’opposer aux stéréotypes en ayant recours aux clichés du politiquement correct, l’attaque risque de perdre de son intensité. Toutefois, l’entreprise Mattel se le tient pour dit, et fera mieux la prochaine fois. Que les petites filles se rassurent: Barbie, si elle balance pas mal, n’en aime pas moins les câlins et les tenues assorties!

La version revue et corrigée est disponible en cliquant ici.

Visuel: Capture d’écran de l’illustration de Barbie, Remixed

 

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Marie-Lucie Walch

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