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Le vêtement connecté, époux intime ou envahissant?

Le vêtement connecté, époux intime ou envahissant?

21 novembre 2014 | PAR Nina Farge

Vous avez sans doute déjà incorporé le smartphone: banalisé, il s’arbore fièrement dans toutes les mains, et s’est érigé en médiateur de votre vie sociale et affective. Mais la technologie est toujours en marche, et poursuit sa conquête. A son programme, l’espace… et l’épiderme! Son nouveau fer de lance, le « vêtement intelligent » transformera vos mouvements et sensations en données exploitables, quantifiables, susceptibles d’être partagées tant avec votre médecin qu’avec votre fil Facebook. On en attend déjà 10 millions en 2015: faut-il se réjouir ou se récrier?

polo

Le vêtement connecté, un mythe? Avec le smartsensing, la technologie prend corps, et la science-fiction devient réalité: il sera désormais possible de mesurer une infinité de paramètres comme la pulsation cardiaque ou la fréquence respiratoire, grâce à cette seconde peau émaillée de capteurs électroniques. Déjà sur le marché, les bracelets et montres digitales devraient ainsi s’incliner dès 2016 face à la vogue du tissu connecté qui garantit des informations plus détaillées et se fond davantage dans notre quotidien, au point de s’y incorporer littéralement.

Marché porteur, donc- et tout particulièrement en France, où l’industrie informatique est une fierté nationale qui n’a pas à rougir dans les salons technologiques américains. Une aubaine pour ceux qui rêvent d’une EuroTech innovante venant disputer son rayonnement à la Silicon Valley: après le Polotech de Ralf Lauren, la société lyonnaise Cytizen Science a ainsi lancé son D-Shirt (« Digital Shirt »). On annonce déjà des semelles équipées de GPS, et des cuissardes spécialement conçues pour les cyclistes: l’imagination s’emballe, la créativité bouillonne dans ce secteur d’avenir où tout reste à faire.

Le smartsensing se propose de réconcilier le corps et l’esprit, en permettant à l’intellect d’embrasser et de quantifier les mouvements et les sensations. Et les applications potentielles sont multiples; de l’analyse du mouvement chez les athlètes, à l’évaluation de la condition physique à des fins médicales chez les personnes âgées ou à la santé fragilisée. Bioserenity avait notamment mis au point un vêtement permettant d’éviter les crises d’épilepsie. Cet habit du futur pourrait également s’avérer capital lors de missions périlleuses, permettant de transmettre en temps réel des informations sur l’état physique des pompiers par exemple.

Certains bémols viennent cependant moduler un tableau si positif. Celui du confort, par exemple: ce type de vêtement se porte en effet près du corps pour une efficacité optimale, de quoi déplaire à plus d’un. En outre, le prix pourrait être dissuasif dans un premier temps: Clubic évoque la ronde somme de 350 euros pour un pack comprenant un D-Shirt et un boîtier permettant la géolocalisation. D’autres s’alarment des dérives obsessionnelles susceptibles de se profiler à l’horizon de l’épiderme connecté: à être inondé d’informations sur notre organisme, on finirait se croire capable de tout contrôler… Enfin, c’est le respect de la vie privée qui inquiète: à l’heure du marketing roi, comment ne pas imaginer une interface secrète dédiée au producteur, stockant et exploitant les données relatives à l’utilisation du vêtement? Autant de questions épineuses pour cette technologie épidermique, qui cherche à nous épouser intimement sans céder à l’envahissement pour autant…

Visuel: Polo

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Nina Farge
Étudiante en deuxième année de master "Administration de la musique et des arts du spectacle vivant" à l'université d'Evry, licenciée en "Lettres et Arts"; je me passionne depuis toujours pour la culture, et plus particulièrement pour la danse.

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