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Affaire Weinstein: retour sur les réactions françaises

Affaire Weinstein: retour sur les réactions françaises

16 octobre 2017 | PAR Sarah Reiffers

Suite aux accusations d’une trentaine de femmes pour viol ou harcèlement sexuel, le producteur Harvey Weinstein a été licencié de sa société, la Weinstein Company, et exclu de l’Académie des Oscars et de l’Académie du film britannique. Mais quelles sont les réactions du côté français?

En France, les sanctions sont elles aussi tombées. Le nom du producteur a été effacé ce lundi des planches de Deauville, par décision du maire. Seul le nom de son frère Robert continuera à y briller. L’Élysée a également lancé une procédure afin de lui retirer la Légion d’honneur, qu’il avait reçue en 2012 après le succès de The Artist, dont sa société avait assuré la distribution aux États-Unis. Ce n’est pas la première fois qu’un homme se retrouve ainsi destitué de la célèbre décoration. Elle avait notamment été retirée au styliste et créateur de haute couture John Galliano en 2012 pour injure publique à caractère antisémite.

Lors de son intervention sur TF1/LCI dimanche soir, le président Emmanuel Macron a assuré qu’il travaillait sur de nouvelles pénalités contre le harcèlement, affirmant que la police « aura dans ses priorités la lutte contre le harcèlement et en particulier dans les transports ». Une attitude qui lui a valu les remerciements de l’actrice américaine Rose McGowan, l’une des premières femmes à avoir témoigné contre Harvey Weinstein. Dans un tweet écrit en français, la jeune femme remercie le président «d’être du bon côté de l’histoire». Son président à elle n’a toujours pas condamné les actes d’un homme qu’il «connaissait très bien». Reste à voir si ces promesses seront suivies d’actes, qui plus est efficaces.

Peu de réactions dans le monde du cinéma

Dans le monde du cinéma français, cependant, la plupart des voix restent muettes. Si la Weinstein Company a produit et/ou distribué de nombreux films français, dont Intouchables, Arthur et les Minimoys, Elle s’appelait Sarah, ou encore Le Concert, peu de personnalités se sont, au final, exprimées sur l’affaire.

Invité sur le plateau de Quotidien pour la promotion de son nouveau film Knock, l’acteur Omar Sy, qui connaissait bien Weinstein, a déclaré ne pas vouloir le «charger encore plus», affirmant ensuite qu’il savait que Weinstein «aimait les femmes, mais bon, comme beaucoup d’hommes». De tels propos ont rapidement donné naissance à une polémique sur les réseaux sociaux, depuis apaisée par la révélation du tronquage des phrases prononcées par l’acteur.

Le cinéaste et animateur de télévision Antoine de Caunes, dont la fille Emma est l’une des victimes d’Harvey Weinstein, n’a quant à lui pas mâché ses mots, insultant le producteur en direct dans son émission radio Popopop sur France Inter. «Il y a une différence entre les acteurs et les actrices», commence t-il. Et d’ajouter «ces dernières […] sont souvent victimes d’hommes de pouvoir, de prédateurs sexuels,» avant de nommer «ce gros porc puant d’Harvey Weinstein».

Ce sont finalement les mots d’Isabelle Adjani que l’on retiendra. Dans une tribune publiée dans le JDD, l’actrice revient sur ce fléau qu’est le harcèlement sexuel pour les femmes en général et les actrices en particulier. Elle y insiste sur le rôle joué par la société, trop souvent et trop rapidement prête à s’attaquer aux victimes plutôt qu’aux agresseurs. «Pour la plupart des gens, si une actrice doit coucher pour y arriver, ça reste naturel, voire normal, selon l’idée qu’il faut bien donner un peu de soi quand on veut obtenir beaucoup», écrit-elle. «Et cette question est trop peu souvent considérée sous l’angle du harcèlement et du viol : ‘Et quand bien même, ne l’aurait-elle pas un peu cherché, elle qui affiche et montre son corps dans des tenues sexy, glamour, affriolantes?’».

Côté journalisme, on retiendra le communiqué du Groupe 25 Images tweeté par Camille Choteau, chef de service cinéma et séries pour le magazine Gala. Présidé par Claire de la Rochefoucauld et  Arnaud Selignac, le groupe affirme être «en pointe depuis des années dans le combat pour l’égalité de traitements entre femmes et hommes».

Si plusieurs enquêtes à l’encontre de Weinstein ont été ouvertes à New York et à Londres, aucune victime n’a encore porté plainte.

Visuel: ©Wikimedia

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