
Daruma : une incarnation de la culture japonaise à la galerie Vanessa Rau
Le folklore japonais est des plus foisonnants et le Daruma l’une de ses figures les plus populaires. Peu connu en France, il est l’objet d’une exposition “monographique” à la galerie Vanessa Rau au cœur du marché aux puces de Saint-Ouen.
Objet d’un véritable culte au pays du Soleil levant et en Chine, le Daruma est omniprésent tant dans la religion que dans la vie quotidienne. Décliné sur tous les supports possibles et inimaginables, il représente le Bodai-Daruma ou Bodhidharma, un religieux indien du Ve-VIe siècle, qui serait venu en Chine diffuser ses enseignements. La légende rapporte qu’il serait resté neuf ans en méditation. Véritable symbole de persévérance et d’accomplissement, sur ses représentations figuratives, il arbore généralement une forme ovoïde, des yeux globuleux sans pupille et une moustache abondante, voire hirsute. Cette forme originale renvoie à la légende selon laquelle ses longues années de méditation en position zazen (du lotus) lui auraient fait perdre l’usage de ses membres et que, pour ne pas dormir, il se serait coupé les paupières.

L’une des traditions les plus vivaces au Japon consiste à acheter, en début d’année, une figurine en papier mâché de Daruma pour souhaiter la réalisation d’un vœu. Une fois achetée et le vœu formulé, le possesseur peint le premier œil de la figurine. Une fois le vœu exaucé, le second œil est dessiné et la façon dont le souhait s’est réalisé est inscrite. Si, au contraire, il n’est pas exaucé, le Daruma est rendu à son temple d’origine où il sera brûlé en fin d’année au cours d’une cérémonie, indiquant ainsi que même si le vœu ne s’est pas réalisé, le fidèle va chercher un nouveau moyen de le concrétiser.
L’exposition de la galerie Vanessa Rau vise à présenter au public français ce personnage emblématique au travers d’œuvres anciennes, certains kakemono (bannière que l’on accroche au mur) remontant à la toute fin du XVIIe siècle, jusqu’à des œuvres très contemporaines comme les peintures du jeune artiste Antoine Bertrand, en passant par de petites sculptures et même des plaques de gravures en bois. Il est ainsi intéressant de constater la permanence ou au contraire les évolutions et réinterprétations qu’a subi l’iconographie du personnage. La multitude d’objets montre à quel point le Daruma est présent dans la culture et la vie des japonais. Certaines des formes les plus contemporaines montrent comment, tout en préservant l’esprit traditionnel du Kami (divinité), ses représentations et ses supports ont été réinterprétés avec brio.

Amateurs de culture asiatique, curieux, et collectionneurs de tout poil, ne passez pas à côté de cette petite exposition où un Daruma vous attend surement pour réaliser vos rêves. L’accueil y est toujours chaleureux, la variété au rendez-vous et les prix plutôt raisonnables.
Visuels : affiche de l’exposition + photographies ©Sandra BERNARD
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