Le Palace accueille Valérie Lemercier pour sa réouverture

28 octobre 2008 Par Jeanne | 1 commentaire

Le palaceCi-devant théâtre de fêtes endiablées et des raouts les plus décoiffants de la capitale, temple nocturne de la branchitude parisienne et de la culture underground, le Palace, six rue du Faubourg Montmartre, rouvre ses portes légendaires douze ans après sa retentissante liquidation judiciaire en 1996. L’événement est de taille. La résurrection de la friche immobilière la plus convoitée de Paris, dont le passé résonne de sulfureux décibels et des imprécations persistantes de quelques voisins grincheux se plaignant d’acouphènes rétifs, va de pair avec le retour plébiscité de Valérie Lemercier sur les planches.

Le 5 novembre prochain, la comédienne et fantaisiste inaugurera par un “one woman show” – exercice où elle excelle – l’affiche artistique de l’ancien club phare de la capitale, qui renouera ainsi avec ses toutes premières amours : la scène.

Édifié en 1923 par l’architecte Léon Volterra, le Palace fut d’abord un music-hall, et ce jusqu’à la fin de la guerre qui vit sa métamorphose en salle de cinéma. Repris en 1977 par Fabrice Amaer, créateur du Sept, club gay réputé de la capitale, l’endroit connaît dès lors une période de faste sans égal. La jeunesse dorée joue des coudes pour s’y faire voir, les grands couturiers y organisent des défilés, les artistes y exposent leurs productions, les chanteurs y donnent des concerts. L’endroit devient le must des jet-setters et night-clubers professionnels, le lieu sacré des réjouissances diurnes et des excès nocturnes. Un âge d’or, en somme, si l’on peut qualifier ainsi une période où coule surtout l’argent, et qui perdurera tant que Fabrice Amaer, sémillant maître des lieux, imprègnera l’endroit de ses menées utopiques et de sa fibre esthétique. Il succombe malheureusement en 1983 à un cancer du rein et désormais le Palace, corps inerte, s’en va au fil de l’eau, plombé par divers trafics à la faveur desquels s’échangent malheureusement plus de drogues que d’idées. Régine, autre nageuse emblématique de la nuit parisienne, et personnage aux poumons généreux, s’emploie à le repêcher et à lui faire quelques séances de respiration artificielle, bientôt relayée dans cet acte de secourisme par le célèbre couple Guetta. Mais en vain. Le mythique Palace coule et se noie. En 1996 il ferme définitivement ses larges portes vitrées sur les ruines de l’une des périodes les plus enfiévrées de la nuit parisienne. Laissé à l’abandon, c’est-à-dire aux squatters, le Palace est occupé dans les années qui suivent par un “collectif d’artistes ». Il est finalement racheté en novembre 2006 par les frères Vardar, des Belges d’origine albanaise, et propriétaires de nombreux théâtres de part et d’autre de la frontière. Et le voilà qui renaît sous les atours d’une salle de spectacle, sa vocation initiale. Détail croquignolet : Valérie Lemercier a été révélée au public en 1988 grâce à l’émission Palace. Coïncidence de bon augure pour cette merveilleuse comédienne enfin de retour sur scène après six  ans d’absence, et peut-être de bon augure aussi pour la scène en question, dont la raison sociale a si longtemps été synonyme de succès.

Au Palace à Paris du 5 novembre 2008 au 3 janvier 2009.

Jeanne Ably


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