Robert à la « Reine blanche » ou l’apothéose de la retenue sensuelle

10 septembre 2008 Par marie | 0 commentaires

Musiques douces et paroles tranchantes, cette alchimie musicale sied toujours aussi bien à Robert. Jouant des contradictions jusque dans son nom de scène, la chanteuse a achevé samedi une tournée de plus de six mois à la « Reine blanche », à Paris. Un spectacle raffiné et touchant devant une salle peu expressive mais non moins conquise.

 

Pour le dernier concert de sa tournée 2008, Robert a fait salle comble à « La reine blanche » (Paris, XVIIIème), samedi soir. 200 personnes ont écouté religieusement l’artiste jouant d’un décor aux touches psychédéliques avec ses poteaux de fers piqués sur une scène jonchée de pétales de roses et de tulipes en toile.

Simplicité cependant. La chanteuse a choisi de ne s’accompagner que de deux musiciens, un violoncelliste et son pianiste-compositeur-producteur de mari, Mathieu Saladin. Les beats et autres instruments proviennent des ordinateurs posés sur le piano électronique.

La geste de Robert

Une face épurée qui renforce l’atmosphère intime du spectacle. Une ambiance peu propice au déchainement de foule. Tant mieux. Il y a de la retenue sensuelle chez Robert, une séduction qui explose à demi-geste. On reconnaît le pouvoir de la danseuse déçue qui a dû oublier ses rêves d’étoiles. La chanteuse retrouve ses anciens amours dès le cinquième titre. Là, pas un son de voix. Robert danse sur ses talons compensés noirs, dans sa longue robe blanche à fanfreluches.

Sa personnalité mystérieuse, ses musiques et ses textes prêtent à la félinité, des mélodies les plus douces comme « Questions de philosophie » aux plus énergiques comme « Nickel » ou « A la guerre comme à la guerre ».

De l’humour et de la réclame

Robert sait se défaire de cette image de fragilité avant qu’elle ne devienne doucereuse et languissante à l’excès, en se permettant quelques petites sorties humoristiques entre deux titres. Exit les banals « comment allez-vous ce soir » et les « vous êtes magnifiques » lancés au public. L’artiste y va cash, faisant mine de rater le début d’une chanson et coupant son mari-pianiste en s’excusant d’avoir été troublée par un « mec qui la branche ». Un petit orgasme mimé après une douche de verre d’eau fraiche, et la pesanteur qui pourrait régner dans une salle envahie de musique lente aux relents de requiem et de mots d’écorchée, s’évanouit.

L’artiste s’offre même un intermède publicitaire pour le nouveau roman d’Amélie Nothomb, « Le fait du prince », en glissant un « Et son livre, il faut l’acheter » dans « Requiem pour une sœur perdue ». Une chanson dont les paroles sont signées de l’écrivain. Elle y décrit son propre meurtre perpétré par son amie chanteuse.

Un public complice…

La performance est envoutante du début à la fin. On en vient même à penser que les enregistrements mettent trop en avant la voix de souffle de Robert, et ne rendent pas assez hommage à ses qualités vocales. Elle ne chante pas à mi-voix, c’est une vraie performance aux accents lyriques qu’elle offre sur scène, d’autant plus impressionnante que sa puissance est savamment retenue.

C’est d’ailleurs, finalement, le seul accroc du spectacle. La retenue. Celle du public. Les applaudissements sont francs, mais il n’y a guère que son staff pour crier des « Robert » et siffler.

Finalement, à la guerre comme à la guerre, la salle a troqué la retenue sensuelle de l’artiste contre une retenue complice.

 


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