[Chronique] Indila nous invite dans son « Mini World »

25 février 2014 Par
Sonia Hamdi
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L’envoûtante Indila a sorti hier son premier album : Mini World. L’artiste – déjà connue grâce à ses featuring avec Rohff, Youssoupha, Nessbeal – signée chez Capitol, marque un tournant dans sa carrière. Avec plus de 8 millions de vues sur « Dernière Danse », le premier extrait de son opus, elle promettait, dès novembre dernier, d’être la révélation féminine de la scène musicale française en 2014.

IndilaSi les puristes seraient tentés de la rapprocher de la chanteuse Natasha Atlas, du fait des nuances orientales qui ornent sa voix, elle s’en démarque largement en proposant un style inédit, tout comme… Stromae. Ce qui rapproche les deux artistes ? Un mélange des genres surprenant et une signature vocale assumée.

On navigue « Comme un Bateau » sur un fleuve qui prend ses sources dans différents courants. La variété française et l’influence de Jacques Brel semblent guider sa plume dans « Tourner dans le vide », « Love Story » ou « Boîte en Argent ». Mais c’est la pop qui domine majoritairement l’album: il y a d’ailleurs comme un sample du son «They don’t care about us» de Michael Jackson sur les premières notes du son « Ego ». L’artiste qui s’est fait connaître en premier lieu sur la scène R&B colore son « Mini Monde » par l’influence orientale de la «Rose Algérienne», Warda ; que ce soit par les rondeurs voluptueuses de sa voix ou par le jeu des instruments qui répondent harmonieusement à ses mélodies, dans « Run  Run » ou « Dernière Danse », c’est l’Orient qui parle, à travers les notes de sa musique.

Le ciel de ce microcosme musical n’est pas uniforme. Les titres sont en majorité puissants, marqués par des choeurs très présents et un rythme prenant. Au sein de ce tourbillon, on trouve, cachée, la douceur mélancolique du son « Boîte en Argent » : enchâssée, c’est une boîte à musique, dans une boîte à musique…

Si l’album est techniquement très abouti, il est, sous quelques aspects, inégal. Les thèmes de l’amour et de la désillusion sont les dominantes des histoires qu’elle nous livre, sans que cela ressemble à une accumulation de clichés. Cependant, au milieu d’excellents titres certains sont moins aboutis comme « Tu ne m’entends pas » ou « Run  Run ». Plus « commerciaux », moins profonds, ils n’entachent pas la bonne qualité de l’album pour autant.

Le dernier titre, éponyme, est très représentatif de l’univers de la chanteuse aux multiples origines (indienne, égyptienne, algérienne, cambodgienne). Dans Mini World  « Et si je veux survivre, dois-je vraiment accepter de tous les suivre hors de ma réalité?» – les mots sont posés: Indila a créé son propre empire,- une réalité où elle siège en reine, sans concurrence.

En dix titres et moins d’une heure, Indila envoûte. Grâce à des influences éclectiques, liées par une voix extraordinaire, on fait le tour du monde. Un mini monde: celui d’une artiste qui n’a pas encore fini de faire parler d’elle. On attend la suite avec impatience.

Track list de l’album Mini World, à télécharger ici:

01. Dernière Danse
02. Tourner dans le vide
03. Love Story
04. S.O.S
05. Comme un bateau
06. Run Run
07. Ego
08. Boîte en argent
09. Tu ne m’entends pas
10. Mini World

Pour visionner les vidéos d’Indila, il suffit de cliquer ici

Visuel : (c) pochette de Mini World de Indila