[Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés] Linda Lee Hopkins, la Queen du gospel

17 mai 2017 Par
Sarah Lapied
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La star du gospel Linda Lee Hopkins, qui a collaboré avec les plus grandes voix (Ray Charles, Gloria Gaynor, Percy Sledge, Al Jarreau, Prince…) donnait le 16 mai, dans le cadre du festival Jazz à St-Germain-des-Prés, un véritable show à l’américaine.

gospel

« Are you here to worship ? Or are you here to watch ? » Linda Lee Hopkins, dans une robe rouge flamboyante, donne le ton dès le début de son concert à l’église St-Sulpice, au soir du 16 mai : vous ne comprendrez pas le gospel si vous n’ouvrez pas votre cœur à Dieu. L’immense autel doré de la majestueuse église sied parfaitement à la diva du genre, née en Caroline du Sud, ancien état esclavagiste des Etats-Unis, là où les negro spirituals ont ensuite donné naissance à un gospel hautement religieux. Sur scène, l’extravagante chanteuse enchaîne compositions personnelles racontant son parcours spirituel et classiques du genre, et laisse même le micro à ses musiciens, dont les voix sont tout aussi remarquables. On se souviendra longtemps de l’interprétation par le bassiste, Al Sanders, du negro spiritual « Joshua Fit the Battle of Jericho », de sa voix chaude et rocailleuse. Les adresses au public sont nombreuses, en français et en anglais : il faut réchauffer un auditoire bien trop timide pour la fièvre du gospel, qui finira tout de même par claquer des doigts et pousser la chansonnette vers la fin. Linda Lee Hopkins, volontairement malicieuse, joue la femme-enfant et menace le public : « Si ça ne vous plaît pas, on se casse ! », partant ensuite dans de grands éclats de rire ponctués de « Lord help me » ou « My goodness ». C’est un véritable show à l’américaine : passant sans transition du rire aux larmes lors d’une composition intitulée « I Know », Hopkins partage ses émotions sans aucune pudeur, envahie par un sentiment divin qui ne semble jamais la quitter.

Car si le concert n’est pas une cérémonie religieuse à proprement parler, la présence supérieure à laquelle le gospel est entièrement dédié est palpable, que l’on soit croyant ou non. Hopkins et ses choristes, de la formation The Spirit and Truth Singers, sont allés jusqu’à mettre en musique un des psaumes de la Bible, et toutes les chansons interprétées font référence à « Lord Jesus ». La piété de Linda Lee Hopkins la transcende et sa voix s’envole vers le plafond de l’église, tantôt douce comme une prière, tantôt puissante comme une invocation, toujours parfaitement maîtrisée. Difficile de rester insensible devant tant de ferveur et l’on comprend très vite pourquoi Hopkins nous a été présentée comme « l’une des plus belles voix du moment ». On en retient un mélange d’exaltation et de sérénité que l’on aimerait retenir aussi longtemps que possible.

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Visuel : © Jean-François Lixon