Adopter la neko mania attitude avec « Je suis un chat  » de Cobato Tirol chez Picquier

1 septembre 2016 Par Magali Sautreuil | 0 commentaires

Depuis quelques temps déjà, certains romans célèbres sont adaptés en manga (« Les Misérables » de Victor Hugo, les contes des frères Grimm…).  Ce coup-ci, c’est au tour de « Je suis un chat », célèbre roman japonais de l’écrivain Natsume Sôseki. La difficulté de ce genre d’exercice réside dans la restitution fidèle de l’univers du roman, tout en condensant l’histoire. Et c’est avec maestria que le Chat réussit ce défi !

« Moi, je suis un chat qui n’a pas encore de nom », mais qui fait pourtant preuve d’une grande sagacité. Fin observateur, ce chat, recueilli par Kushami, professeur de littérature anglaise tokyoïte,  se livre sans vergogne à une critique de la société japonaise du début du XXème siècle. Ces observations ont traversé le temps et l’espace pour parvenir jusqu’à notre époque où elles trouvent encore un écho de nos jours.

Fidèle transcription du livre, le manga reprend jusqu’aux dialogues du roman de Sôseki.

Tous les personnages sont présents et correspondent à la description qu’en fait Sôseki. Kushami, de par sa fonction, ressemble quelque peu à un britannique, impression qui est renforcée par sa coupe de cheveux et sa moustache. Son apparence négligé n’a d’équivalent que sa nonchalance. Par contre, le dessinateur s’est abstenu de lui grêler le visage et le corps des traces de la petite vérole. Par conséquent, Kushami a ici un aspect plutôt agréable, ce qui ne l’empêche pas d’être victime de son caractère et des fourberies de son entourage. Meitei, le célibataire endurci ami de Kushami, mythomane et farceur, est reconnaissable à sa tête de fouine et à ses fines lunettes rondes. Quant à leur ami, le pseudo philosophe Yagi Dokusen (littéralement, la « chèvre ermite »), il porte bien le bouc et présente des similitudes avec les statues de Bouddha et de boddhisattva (peut-être est-ce l’effet « zen »). Leur compère, le jeune Kangetsu, le licencié en sciences, à qui les Kaneda veulent marier leur fille, est facilement identifiable à sa dent cassée. Mme Kaneda, la voisine de Kushami, a un nez qui en impose, une véritable péninsule en plein milieu du visage. Son mari, M. Kaneda, et Suzuki, un ancien ami de Kushami et Meitei, tous deux hommes d’affaire, donnent l’impression de frères. Tous deux sont vêtus d’un costume en tweed et ont un physique qui transpire l’opulence et l’aisance financière. Peut-être sont-ils tous deux atteints de cette maladie que l’on appelle « l’argent » ? Quant aux autres personnages, comme dans le roman, ils ne présentent pas de caractéristiques particulières.

L’histoire, bien que condensée, reprend les faits marquants du roman, notamment la danse du « chat-mochi ». Cependant, le Chat est un peu moins présent que dans le livre. Il reste néanmoins le personnage principal de ce récit dont on suit toutes les péripéties, du premier au dernier jour de sa vie, un dernier jour lumineux, empreint de douceur, car pour le Chat, « il n’y a de paix nulle part, hormis dans la mort »… Il n’empêche que la disparition de cette chère boule de poils âgée de seulement deux ans nous a fait verser quelques larmes.

« Je suis un chat » est donc une histoire à la fois humoristique et triste, réaliste et absurde par certains côtés. Nous vous conseillons donc vivement sa lecture. Commencer par le manga pour une mise en bouche, puis enchaîner avec le roman !

Informations techniques :

Titre : « Je suis un chat », adaptation du roman éponyme de Natsume Sôseki

Genre : Manga, Seinen, One-shot

Scénariste et dessinateur : Cobato Tirol

Éditeur : Éditions Philippe Picquier

Collection : Picquier Manga

Date de parution française :  18 août 2016

Format : 15 cm de large pour 22 cm de haut

Nombre de pages : 208

Prix : 14.50 €

EAN : 9782809711905

ISBN : 2809711909


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