La Planète des Vampires: Reprise du classique de la S-F qui inspira Alien

5 juillet 2016 Par Gregory Marouze | 0 commentaires

La Planète des Vampires est l’une des grandes reprises de cet été ! Cette œuvre emblématique de la science-fiction, réalisée par le maitre du cinéma de genre l’italien Mario Bava, fait un retour fracassant cette semaine dans les salles. La Planète de Vampires – film vénéré par Nicolas Winding Refn – était invisible au cinéma depuis cinquante ans ! Pour l’occasion, ce film mythique qui fut la matrice du Alien de Ridley Scott bénéficie d’une restauration flamboyante en numérique 4 K.*

Note de la rédaction :

Qui se souvient aujourd’hui du grand Mario Bava ? Les cinéphiles ont vu ses films. Mais les adeptes des cartes de cinéma illimité (ou de téléchargements plus ou moins légaux) savent-ils ce que la science-fiction doit au cinéaste italien ?

La Planète des Vampires est un film qui sidère quand on le revoit cinquante ans après sa réalisation. Le métrage commence par un travelling de toute beauté à l’intérieur d’un vaisseau spatial. On pourrait croire qu’étant réalisé en 1965 – trois avant 2001, L’Odyssée de L’Espace de Kubrick – le film de Bava ne se soit pris un sérieux coup de vieux. Au contraire, il est d’une folle modernité !

Ce qui frappe, ce sont les similitudes qu’on découvre entre La Planète des Vampires et Alien le 8ème Passager (1979). On voit dans le film de Mario Bava des décors impressionnants qui influenceront le chef-d’œuvre de Ridley Scott (et même ses descendants jusqu’à Prometheus) : un vieux vaisseau à l’abandon, des vestiges d’une civilisation extra-terrestre disparue, …

Les scénaristes de Alien – le regretté Dan O’Bannon et le cinéaste Walter Hill – se sont fortement inspirés de plusieurs séquences marquantes du film: un vaisseau spatial reçoit un mystérieux signal en provenance d’une planète inconnue, les membres de l’équipage sont décimés un à un, … Comme Bava, ils ont associé space-opera et épouvante.

Il est cocasse de voir à quel point La Planète des Vampires – film produit en Italie et tourné sur le plus grand plateau de Cineccita – a inspiré l’un des films fondateurs de la science-fiction moderne.
Dans les années 80, les italiens seront les maitres d’un cinéma ersatz plagiant pour le meilleur (et surtout, le pire) de grands succès du cinéma américain, anglo-saxon et australien: Les Dents de la Mer, New-York 1997, Mad Max, Indiana Jones, Terminator, … Et Alien, évidemment ! Juste retour des choses.

Si Mario Bava a plus qu’à son tour signé des bandes d’exploitation, il est cependant plus audacieux, talentueux, que bon nombre de ses collègues italiens œuvrant à la même époque. A l’image d’un Riccardo Freda (dont il fut l’assistant réalisateur) Bava est un artisan – au sens noble du terme – soignant ses décors, costumes, angles de prises de vues, montages quel que soit le genre qu’il filme : péplum, western, science-fiction, cinéma d’horreur.

Mario Bava

En regardant Le Masque du Démon, Le Corps et le Fouet, Les Trois Visages de la Peur, on sent que Bava fut également directeur de la photo tant ses atmosphères et lumières sont soignées. Quelle direction artistique ! Ne faites pas l’impasse sur Six Femmes pour l’Assassin, classique à l’origine d’un genre mêlant suspense hitchcockien et film d’horreur : le Giallo – que rendra populaire Dario Argento -.

Pour l’heure, La Planète des Vampires est une merveilleuse porte d’entrée pour découvrir le cinéma de Mario Bava. Voilà sans doute le film dans lequel il tire au mieux à parti les limites d’un budget qui n’est évidemment pas à la mesure de ceux des classiques américains tels Planète Interdite.

C’est un festival de lumières : rouges, bleues, vertes. Bava dissimule le manque de certains décors en ayant recours à de la fumée. Cela fonctionne du feu de Dieu (Irvin Kerschner s’en souviendra quand le budget manquera sur L’Empire Contre-Attaque) !

Pas étonnant alors que Nicolas Winding Refn, qui use et abuse d’effets baroques dans The Neon Demon, soit tombé éperdument amoureux de La Planète des Vampires (il a aidé à sa restauration), œuvre résolument Pop.
Comment ne pas voir en Mario Bava un grand styliste et, même, un inventeur de formes ?

Grégory Marouzé.

La Planète des Vampires de Mario Bava 1965 / Italie / 88 min

* L’étalonnage de cette restauration est supervisé par le fils de Mario Bava, Lamberto Bava (réalisateur lui aussi, et assistant sur La Planète des Vampires).

Visuel: © Bac Films / La Rabbia


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