« L’amant double » de Francois Ozon

6 juin 2017 Par
David Rofé-Sarfati
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L’amant double de François Ozon a été présenté vendredi dernier en Compétition du 70ème Festival de Cannes 2017. Le réalisateur de l’excellent Dans la maison traitant de la perversion propose cette fois un thriller sur la psychose. C’est d’autant plus prétentieux que raté, ou inversement. 

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Chloé (Marine Vacth), une jeune femme fragile, tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul (Jérémie Rénier). Quelques mois plus tard, ils s’installent ensemble, mais elle découvre que son amant lui a caché une partie de son identité.

Difficile de raconter l’intrigue sans dévoiler la chute : résumons en écrivant que l’on parle de l’énigme de la gémellité et que ce thème – certaines tribus africaines enterrent le placenta en le considérant comme un frère jumeau – renvoie à notre naissance, à son mystère et à l’énigme de notre propre existence.

Les clichés se succèdent sans respiration au milieu de l’ambiance caricaturale d’un parisianisme fantasmé difficile à partager avec l’auteur. Marine Vacth est si évanescente qu’elle semble traverser le film sans en être vraiment.  Jérémie Rénier sauve la mécanique. Reste l’esthétique picturale et photographique mais inutile des corps parfaits et nus des deux amants.

On s’ennuie beaucoup. L’ennui fera place à la mauvaise surprise de la chute, à une sidération finale où l’on constate que Ozon, si fin dans ses précédents films n’a rien compris au traumatisme, à la psychose, à l’inconscient en particulier et à la psychanalyse en général.

Film français de François Ozon avec Marine Vacth, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset, Myriam Boyer (1 h 47). Sortie en salles le vendredi 26 mai. Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement. Ce film est présenté en compétition au Festival de Cannes 2017