Deauville Jour 8 « The Bachelors » quand Julie Delpy rencontre J.K. Simmons

8 septembre 2017 Par
Olivia Leboyer
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bachelors

Une histoire d’amour entre Julie Delpy, l’adorable emmerdeuse des Before et des Two Days, et J.K. Simmons, le prof de jazz tortionnaire de Whiplash ? Deux forts caractères. Mais ici, J.K. Simmons n’est pas juste un célibataire endurci à la Jack Nicholson : non, il est veuf, et sa femme Jeanie était le grand grand amour de sa vie… Un soupçon de Rebecca, sauf que cette Jeanie n’avait réellement aucun défaut. Un film très balisé, mais tellement plaisant !

Intelligente, frondeuse, Julie Delpy est aussi une incorrigible romantique. Preuve en est avec ce The Bachelors, qui coche toutes les cases de la dramédie romantique traditionnelle. Un père et son fils déménagent loin, pour tenter de se reconstruire après la mort de leur femme et mère. C’est un vieil ami, et ancien de cette inoubliable épouse, qui leur trouve poste (de prof de maths) et place de lycée dans son très chic établissement privé. J.K. Simmons, veuf inconsolable, va évidemment reprendre goût à la vie grâce à l’excentrique Julie. Noyé dans sa dépression, il va évidemment se reprendre et retrouver, pour son fils adolescent, un comportement responsable. Le fils (Josh Wiggins), profondément atteint par le deuil, a perdu son insouciance mais pas ses idéaux. L’amour de sa mère l’a rendu capable de se tourner vers les autres, d’aimer. Pour son père, c’est nettement plus compliqué. Sa femme représentait toute sa vie, et il n’a plus la force ni l’envie de croire dans l’amour. C’est compter sans l’intrépide Julie Delpy, qui lui fonce littéralement dessus.

Si le canevas est archi-connu, vous auriez bien tort de bouder ce film. Le couple J.K./Julie donne suffisamment envie. Leurs sourires espiègles, leurs silences embarrassés, leurs piques pimentées comme on s’y attend dans toute bonne comédie du remariage, nous replongent dans les duos mythiques à la Cary Grant/Katharine Hepburn. Une scène de dîner dans un restaurant français est particulièrement enlevée. De leur côté, les deux ados (Josh Wiggins et Odeya Rush), bouilles rondes et regards tristes, sont très attachants de maturité et de fraîcheur. Alors, oui, les topoï romantiques ont du bon, et le charme opère. Car les solitudes sont faites pour se rencontrer.

Pluie battante sur Deauville, et ce soir c’est Mother ! de Darren Aronofsky qui fera sortir les spectateurs de chez eux ou des salons de thé, pour attendre une heure ou deux sous leur parapluie. Le festival avant tout !

The Bachelors, de Kurt Voelker, Etats-Unis, 1h47, avec J.K. Simmons, Julie Delpy, Josh Wiggins, Odeya Rush, Kevin Dunn. Festival de Deauville, en compétition.

visuels: affiche officielle du festival; photo officielle du film The Bachelors.