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« My Zoé » de Julie Delpy, un film à la croisée des genres

« My Zoé » de Julie Delpy, un film à la croisée des genres

29 juin 2021 | PAR Julia Wahl

Après plusieurs années d’absence, Julie Delpy revient avec un étrange film sur la parentalité. Une œuvre qui prolonge la réflexion sur l’éternité amorcée dans La Comtesse.

Tragique séparation

James et Isabelle se sont aimés. Ils ont même eu une enfant ensemble, Zoé. Mais cela fait déjà longtemps et, le moins que l’on puisse dire, c’est que cette rupture ne se passe pas très bien. Franchement pas bien. Entre les rivalités sur les gardes et les procès en incompétence, cette parentalité post-divorce est on ne peut plus compliquée. Pourtant, le pire est encore à venir.

Le drame que vont traverser ces deux anciens époux ne va pas les rapprocher. Bien au contraire : la recherche effrénée d’un coupable les conduit à s’entredéchirer plus encore. Jusqu’à ce qu’Isabelle, jouée par Julie Delpy, prenne une décision surprenante. Une décision folle.

Un film multiple

Alors que la première partie du film semblait faire signe vers un énième long-métrage sur les affres du divorce et de la famille recomposée, la deuxième nous plonge dans l’univers du drame familial, tandis que la troisième nous conduit dans la folie d’Isabelle. Dans cette dernière, le film tutoie le genre de la science-fiction. Aussi avons-nous affaire là à un film multiple, qui assume résolument son mélange des genres.

Remarquons toutefois que cette incursion dans l’univers de la science-fiction se fait sans heurt et avec un air de pas-y-toucher : la réussite du film tient en grande partie à cette immixtion inattendue du film d’anticipation, paradoxalement ancrée dans une vie quotidienne fermement affichée.

Une direction d’acteurs au service de la neutralité morale

L’un des autres intérêts du film réside dans son refus de tout jugement. Cette neutralité morale apparaît dans le personnage du Dr Thomas Fischer, dont le jeu de Daniel Brühl – qui co-produit le film – rend toute l’ambivalence, ou dans le personnage de son épouse, Laura Fischer – magnifique Gemma Aterton – peu à peu gagnée par les désirs irrationnels d’Isabelle.

Le visage de Julie Delpy, qui quitte rarement l’écran, transmet avec une grande sobriété les douleurs muettes d’Isabelle. Aussi la suivons-nous dans sa névrose aux airs de décision raisonnable et nous gardons-nous à notre tour de tout jugement. La réalisatrice nous invite ainsi à faire nôtre son histoire et se garde de toute posture morale.

Visuel : affiche du film

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Julia Wahl
Professeure de lettres durant dix ans, chargée de production de diverses compagnies de danse ou de théâtre, chargée d'action culturelle et des relations publiques... Tout ce qui a trait à la promotion de la culture et au développement de ses publics me passionne. Parce que l'on ne peut voir un spectacle sans vouloir transmettre ses émotions, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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