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Portrait d’actrice et de réalisatrice : Julie Delpy entre romantisme indé américain et paillardise française

Portrait d’actrice et de réalisatrice : Julie Delpy entre romantisme indé américain et paillardise française

23 octobre 2015 | PAR Gilles Herail

Le dernier film de Julie Delpy, Lolo (avec Dany Boon et Vincent Lacoste), sort en salles mercredi prochain. L’occasion de vous parler d’une actrice/réalisatrice française devenue l’une des valeurs sures du cinéma indépendant américain avec la série des « Before Sunset » et des « 2 days in Paris ». A mi-chemin entre existentialisme new-yorkais à la Woody Allen et paillardise toute gauloise. Portrait.

Issue d’une famille de comédiens et baignant dans le milieu depuis sa plus tendre enfance, Julie Delpy fait ses débuts dans le métier très jeune avec Détective. L’actrice entame alors une ascension fulgurante au sein du cinéma d’auteur français, chez Carax, Godard et Tavernier. Avant d’entamer une carrière prometteuse chez des cinéastes étrangers reconnus (Carlos Saura, Krzysztof Kieslowski ou Kaurismäki). Beaucoup de grands noms, de cinéma pointu et de prestations remarquées. Julie Delpy a également su nous surprendre avec La Comtesse, étonnant film horrifique en costumes. Et est même apparue quelques instants dans la suite d’Avengers. Mais c’est bien la rencontre artistique avec Richard Linklater qui permet le mieux d’appréhender la personnalité de la comédienne. Avec l’inoubliable personnage de Céline qu’elle retrouvera trois fois dans Before Sunset, Before Sunrise et Before Midnight. Elle y explore un registre nouveau, plus naturel, dans une série de films incroyablement attachants. Reliés par une même envie de cinéma de l’intime, qui accompagne ses acteurs sur plusieurs années et efface la distance entre le spectateur et les personnages.


C’est cette proximité à la fois hilarante et bouleversante qui définira les films de Julie Delpy en tant que réalisatrice (à l’exception de la Comtesse). Avec 2 days in Paris et 2 days in New-York, l’actrice devenue cinéaste s’amuse à pousser l’autofiction vers le burlesque pur.  En captant avec malice les différences culturelles entre la France et les États-Unis, opposant l’hygiénisme et le puritanisme américains à la gourmandise et la paillardise hexagonales. Les dialogues sont ciselés, les situations saugrenues, les engueulades rocambolesques. Et le tout file à cent à l’heure, comme son actrice principale. Le cinéma de Julie Delpy est avant tout une histoire de famille, sur la famille, avec la famille. Offrant des partitions à chaque fois cultes à son père Albert Delpy qui prend un plaisir non feint à cabotiner dans son rôle de papy soixante-huitard no-limit.

La filmographie de Julie Delpy joue beaucoup sur sa double culture, mi-française-mi-américaine, qui donne à ses films un charme unique. S’exprimant dans une énergie bordélique débordante qui casse la monotonie des comédies new-yorkaises dont elle s’inspire. L’existentialisme à la Woody Allen se mêle à une grivoiserie joyeuse dans un doux mélange qu’elle est la seule à pouvoir faire fonctionner. Un ton unique que l’on retrouvait aussi dans son Skylab, se replongeant dans des souvenirs de réunions de famille autour d’une troupe de comédiens très en forme. Un style que l’on espère toujours présent dans Lolo qui fait partie des comédies les plus attendues de la rentrée. Avant de se replonger, (on l’espère!) dans un quatrième épisode de Before.. qui après avoir suivi le coup de foudre, les retrouvailles et l’arrivée d’un enfant pourrait traiter la question du vieillissement de l’amour dans un couple. Affaire à suivre.

Gilles Hérail

Affiches et bande-annonce officielles.

 

 

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