[Critique]« A une heure incertaine », film noir portugais au charme lancinant

5 février 2016 Par Olivia Leboyer | 0 commentaires

Saboga

Un beau titre, pour un film d’un romanesque limpide et inspiré. En 1942, dans un hôtel désert, un policier mal dans sa vie cache deux réfugiés, Boris et Laura qui se disent frère et sœur : comme chez Preminger, Laura est une femme fatale et les désirs infusent de manière étrange. A découvrir dès le 10 février.

Note de la rédaction :

Manoel de Oliveira ou Miguel Gomes nous le rappellent constamment : le temps portugais s’étire ou se précipite, formant des boucles étonnantes. Même phénomène séduisant chez Carlos Saboga qui, à 79 ans, a passé son temps à écrire des scénarios sublimes (Les Mystères de Lisbonne de Raul Ruiz !). Grégoire Leprince-Ringuet, que l’on croisait dans ses merveilleux Mystères de Lisbonne, incarne ici un jeune réfugié français, toxicomane, un peu peintre, dans le sillage de sa sœur, la très belle Laura (Judith Davis).

Les personnages errent dans les couloirs vides de l’hôtel, incertains, comme en arrêt. Durant quelques jours, tout vacille un peu dans ce lieu confiné, alors qu’au dehors l’histoire dicte son tempo. Comme des plantes dans une serre, Laura, Boris, le policier Vargas et sa fille adolescente (troublante Joana Ribeiro), se livrent à une série de rencontres manquées, jusqu’à l’issue bien noire.

A une heure incertaine, de Carlos Saboga, 1h15, Portugal, avec Grégoire Leprince-Ringuet, Judith Davis, Joana Ribeiro, Paulo Pires, Filipa Areosa, Pedro Lima, Ana Padrao. Sortie le 10 février 2016.

visuels: affiche, photo et bande annonce officielles du film.


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