[Critique] « DieuMerci ! » nouvelle comédie inspirationnelle de Lucien Jean-Baptiste

12 mars 2016 Par Gilles Herail | 0 commentaires

Le nouveau film du réalisateur de La première étoile touche par son optimisme et séduit par sa volonté d’aborder la question de la place des comédiens noirs en France. DieuMerci ! se perd malheureusement dans des effets de comédie démodés mais trouve sa rédemption grâce à la complicité du duo Lucien Jean-Baptiste / Baptiste Lecaplain. Notre critique.

Note de la rédaction :

Extrait du synopsis officiel : À sa sortie de prison, Dieumerci, 44 ans, décide de changer de vie et de suivre son rêve : devenir comédien. Pour y arriver, il s’inscrit à des cours de théâtre qu’il finance par des missions d’intérim. Mais il n’est pas au bout de ses peines. Son binôme Clément, 22 ans, lui est opposé en tout. Dieumerci va devoir composer avec ce petit « emmerdeur ». Il l’accueille dans sa vie précaire faite d’une modeste chambre d’hôtel et de chantiers. 

La première étoile, avait été l’un des succès surprise de l’année 2009, avec 1.5 million d’entrées en salles récoltées grâce à un bouche-à-oreille enthousiaste. La filiation de DieuMerci avec le premier opus réussi de Lucien Jean-Baptiste est évidente. Une même volonté de représenter la communauté antillaise, qui brille par son absence au sein du cinéma populaire hexagonal. D’intégrer les codes de la comédie franchouillarde dans un environnement social et sociologique plus affirmé. De proposer un divertissement « inspirationnel » à l’américaine marqué par un optimisme à toute épreuve qui croit en la capacité de chacun à s’extraire de son contexte pour réaliser ses rêves. Le duo formé par Jean-Baptiste et Lecaplain fonctionne à merveille, jouant sur le charisme dilettante de la révélation de Libre et assoupi. Et la description pleine de tendresse de la communauté antillaise bénéficie de la présence de la trop rare Firmine Richard qui incarne avec gourmandise une maman dévouée et aimante.

Sous ses allures de modeste comédie sociale, DieuMerci s’attaque également à une question taboue qui taraude la « grande famille » du cinéma français : la difficulté d’exister pour les acteurs noirs au sein d’une industrie toujours réticente à intégrer la diversité, au delà de rôles de figuration « ethniques » (voir notre dossier diversité dans le cinéma français). Abordant une thématique similaire, dans un autre contexte, Chocolat allait plus loin dans sa réflexion et osait un discours moins lisse mais Lucien Jean-Baptiste est un cinéaste du rond, de l’enveloppant et du positif. DieuMerci manque de cassures, d’incertitudes et de flou. Le scénario ronronne, joue d’effets de comédie démodés et néglige ses seconds rôles (insupportable jeune assistante). Quelques séquences plus intimistes, sur la scène de théâtre, trouvent une émotion plus juste. Et on espère que les prochains films de Lucien Jean-Baptiste oseront s’échapper de ce carcan fantasmé de comédie à l’ancienne pour assumer une tonalité plus douce-amère.

Gilles Hérail

A  lire également : l’Interview de Lucien Jean-Baptiste par Le Bondyblog

DieuMerci !, une comédie française de Lucien Jean-Baptiste avec Lucien Jean-Baptiste, Baptiste Lecaplain et Delphine Théodore, durée 1h35, sortie le 09/03/2016

Visuels : ©  affiche et bande-annonce officielles du film

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