Mode
Paris Vogue la galère pour la « Fashion Night out »

Paris Vogue la galère pour la « Fashion Night out »

19 septembre 2014 | PAR Franck Jacquet

Mardi 16 septembre, quelques checkpoints indiquent très tôt dans la soirée l’événement. La Paris Vogue Fashion night out 2014 se déroulait cette année entre la Madeleine et le Faubourg Saint-Honoré. Une édition calme…

Flash de rien

Il faut arriver à 18h30, alors que la foule arrive encore à peine. Chaque année, on voit les badauds se demander ce qui peut bien perturber peu à peu mais sûrement la circulation sur des artères somme toute commerçantes mais jamais chargées, surtout lorsque l’avenue Montaigne est désignée pour le rendez-vous annuel… Le timing est important : entre 18h et 19h, « mais qu’est-ce qui se passe ? Peut-on continuer sur la rue du Faubourg Saint-Honoré ? Mais pourquoi y a-t-il moins de monde qu’à l’habitude chez Colette !!!!? ». Ensuite, cela devient évident, c’est un événement. De l’impossibilité de vraiment particulariser un espace public malgré ballons, tapis et autres décorations du mobilier urbain… Alors oui, il y a bien quelques groupes se baladant avec flashs, suivant quelque jeune nymphe (ou vieille pie…), sans doute quelqu’un de connu. Mais vraiment, qu’est-ce qui se joue ? On ne sait pas.

Pour rappel, le magazine propose donc chaque année une soirée fashionista (oui, le mot lui-même est so 2009 !) ou It-girl selon qu’on est du côté des classiques ou des modernes. Les boutiques du quartier choisi font assaut d’animations et d’amabilités (!) pour donner une bien belle image, dont on ne doute jamais en général à propos de leurs produits. Cette année, le réseau de boutiques participantes est bien plus important et surtout il touche un quartier franchement plus agréable que l’avenue Montaigne, vastement froide, pour ne pas dire glaciale. On reconnaît donc une belle couverture 100% luxe participante : Miu Miu, Chanel, Dior, Longchamp ou le très vulgos Roberto Cavalli. L’événement qui n’est jamais parvenu à réellement toucher le haut du panier du chic – beau – cher et sexy, a su allier ici des marques complémentaires pour varier, notamment la sous-couche bobo wanna be (on en est !) d’A.P.C. à Zadig et Voltaire ou Villebrequin (oui, ils existent toujours !). Un quartier plus resserré, plus vivant : les animations, entrées de boutiques et sorties de concerts improvisés attirent !

Mais que se passe-t-il ?

Pour faire court, à peu près rien ! Ou si peu… On passera les deux ou trois faux concerts organisés qui paraissent improvisés, une habitude de la soirée (pour rappel, l’improbable Rona Hartner il y a quelques années chez Manoush…). Ici, pas mieux !

Du côté des boutiques, c’est le but pour qui dans le commun des mortelles classes moyennes ne peut espérer voir le Beau du luxe : on retiendra Bottega Veneta, sa classe et son travail du cuir que les Français délaissent progressivement pour de sombres histoires de coûts de production, alors que l’Italie du Nord n’est pas franchement la Malaisie… Etro complète la classe italienne. Pour rire me direz-vous car on s’ennuie franchement ? Evidemment le trio gagnant : Roberto Cavalli, Viktor&Rolf et Dsquared. On vous donne un indice pour le plus dégoulinant-moulant-poutre apparente, c’est lié à des jumeaux. Passé l’écœurement, que reste-t-il aux sous-groupes composant la constellation néo-hipster ? Evidemment, Colette rassemble tout le monde, mais la présence à minima se résume à simplement garder boutique ouverte (quel effort !). Mais bon, des livres de photos sur des chattes épilées et teintes du monde entier pour 80 euros avec deux lignes de textes absconses, ça ne se refuse pas hein ? (parle-t-on d’animaux ici ? On vous laisse deviner). Les gymsters aisés se replient entre Hugo Boss (là encore, à part un cocktail, rien de bien funny) et Moncler qui ressort depuis quelques années des placards de Megève… Et le normcore me direz-vous ? Qu’il meure sur un trottoir de la rue Cambon, philosophant sur le fait que non, vraiment pas, Agent Provocateur c’est beau, mais ça n’est pas sa vision du monde !

Au rayon people, il y en a, mais l’inconvénient est qu’on ne les connaît pas. Quelques attroupements coagulent sur les parties resserrées de la rue et alors qu’une naïade type Mélanie Laurent se montre (ça n’est pas elle, mais un beau Canada Dry tout de même). Reste que beaucoup demandent un autographe. Aussi, et c’est une madeleine pour la Vogue Fashion night, une star aux yeux bridés. Qui est-ce ? Pas mieux, on n’en saura pas plus. Bon on retourne fissa chez Colette, il doit bien y avoir une revue qui célèbre les nouvelles formes du street art en rangeant les Space invaders au rang de la préhistoire des arts au même titre que Gustave Moreau ! Allez, on se sera bien amusé à faire partie de la faune des wanna be, ça nous rappelle immanquablement une entrée au Silencio !

http://www.vogue.fr/vogue-tv/reportages/videos/revivez-les-temps-forts-de-la-vogue-fashion-night-out-2014-emmanuelle-alt/6245

 Visuel :  ©Glazed

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Franck Jacquet
Diplômé de Sciences Po et de l'ESCP - Enseigne en classes préparatoires publiques et privées et en école de commerce - Chercheur en théorie politique et en histoire, esthétique, notamment sur les nationalismes - Publie dans des revues scientifiques ou grand public (On the Field...), rédactions en ligne (Le nouveau cénacle...) - Se demande ce qu'il y après la Recherche (du temps perdu...)

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