Théâtre

« Victoire », espionnage et lingerie fine

« Victoire », espionnage et lingerie fine

11 mai 2016 | PAR Olivier Handelsman

Un tourbillon d’émotions et de rebondissements hilarants dans un décor expressif et ciselé, voilà ce que vous pouvez attendre de « Victoire » sans risquer la déception. Dynamisé par des interludes musicaux choisis pour lier l’intrigue à son époque (contemporaine) et à la culture populaire, effeuillez le bouquet de passions de Lou (Virginie Kartner), une créatrice légère de lingerie qui travaille dans l’ombre de son escroc d’amant, devant l’œil éperdu de son voisin éconduit, et sous l’étroite surveillance d’une étrange clocharde sans-gêne et armée jusqu’aux dents.

[rating=4]

Passion d’abord pour son métier, où elle dessine depuis quelques temps les modèles qui font le succès de son employeur, chez qui le volage et manipulateur Johnny (Gregory Kristoforoff) tire les ficelles sans scrupules. Johnny lui promet la gloire et la fortune tout en mettant en sécurité ses créations loin d’elle. Lou est aveuglée par l’affection qu’elle lui porte, même lorsqu’il la mène en bateau sans prendre de précautions.
Mais elle n’est pas la proie d’un seul homme. Charlie (Patrick Tepasso), avec qui elle a eu une aventure d’un soir, est son voisin de palier et s’intéresse de très près à Lou, son travail et ses relations, jusqu’à s’introduire par effraction chez elle et tenter de la séduire sans grand espoir. La vie privée de Lou est par ailleurs déjà espionnée par la mystérieuse itinérante Vic (Merryl Beaudonnet), qui semble prise d’une incompréhensible obsession pour son appartement comme ses allées et venues, et n’hésite pas à transporter une arme à feu au cas où elle serait découverte.
Les secrets de Lou, Victoire, Charlie et Johnny sont loin d’être l’anodin triangle amoureux vaudevillesque qu’ils semblent constituer : une intrigue plus sombre sous-tend l’histoire et lie tous les personnages ; elle ne saurait être préjugée d’après la scène d’introduction.
Montée avec de faibles moyens, grâce à l’alliance de la production avec la maison de création de lingerie Elise Anderegg et d’autres partenariats judicieux, cette pièce tient des promesses inespérées, compte-tenu de la petite taille du théâtre et de son affiche simpliste. Repris par l’auteur et metteuse en scène Virginie Kartner, le rôle de Lou devait être joué par une autre actrice qui abandonné le projet quelques semaines avant la première. Il n’en est pas moins joué à la perfection et éclipse parfois les autres protagonistes. Seul reproche : les transitions souffrent d’un volume musical excessif et d’une inadéquation de la salle au décor. Qu’à cela ne tienne, il paraît qu’une reprise des séances est en projet ailleurs…

« Victoire », de et avec Virginie Kartner, avec Patrick Tepasso, Merryl Beaudonnet et Gregory Kristoforoff.

photo : portrait de Virginie Kartner/Lou>

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Olivier Handelsman
Olivier Handelsman est étudiant en master de management à Grenoble École de Management, et étudie en échange à la Simon Fraser University de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) au second semestre 2013-2014. Licencié de Sciences Économiques à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Olivier est intéressé par la micro-économie, l'entrepreneuriat, le management stratégique, de l'innovation, de la musique, des systèmes d'information et des nouvelles technologies. Olivier Handelsman a été scénariste de courts et longs-métrages en machinima (images de synthèse issues de jeux vidéo), et a une expérience professionnelle de pigiste dans différents médias tels que le journal Le Point (hors-série Références), PC Jeux et Millenium Source, ainsi que d'auditeur de service client, de programmeur Visual Basic et de démonstrateur produit.

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