Théâtre
The infinite conversation, le Festival d’Avignon suspend le temps

The infinite conversation, le Festival d’Avignon suspend le temps

21 juillet 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le duo Lundahl & Seitl, a créé pour Magasin 3 à Stockholm, une œuvre bien atypique « The infinite conversation », une expérience formidable à laquelle nous invite le Festival d’Avignon. Entrez dans le sous-sol de l’Ecole d’Art…

Une hôtesse vous accueille, vous demande de laisser là montre, téléphone et sac. Elle vous invite à entrer, le prochain suivra deux minutes après et ainsi de suite. Dépouillé de tout objet vous permettant d’accéder à la chronologie, vous poussez le premier rideau, puis le second, avant, à l’aide de votre main droite, de longer un mur jusqu’à tomber dans une pièce vide. Quelle en est sa taille, combien sommes-nous ?

Au moment où nous entrons le silence des hommes est total, une bande son diffuse des gazouillis d’oiseaux. Saisis par l’angoisse du vide, les « spectateurs » commencent à parler, fort, vite, rient rapidement, se présentent par leurs prénoms. On se touche par erreur. Personne, dans la ville théâtre ne parle spectacle, tous évoquent la relation au temps.

Des phrases sont dites et entendues : une voix : « je ne sais pas depuis combien de temps je suis là », une autre voix : « combien sommes nous », la première voix :  » je ne sais pas », encore une autre : « comptons nous », la seconde voix :  « comment ? » nous : « disons l’alphabet. Nous voilà jusqu’au « H » avant qu’un homme ne s’amuse à brouiller l’enchaînement des lettres.

On rit pour ne pas avoir peur dans le noir absolument total. L’œuvre pose la question de l’enfermement de l’existence. Étonnamment, les discussions se tissent aisément, sans pour autant aborder aucun sujet polémique, il s’agit d’être ensemble dans la plus belle paix sociale possible puisque nous avons ici choisi un enfermement volontaire.

L’œuvre existe seulement en fonction de qui l’habite. Chaque acteur vivra l’expérience de façon différente. Certains peuvent rester 10 minutes comme deux heures. Vous êtes le seul maître du temps.

 

 

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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