Théâtre

La nuit à l’envers, le tango de Didier Brengarth

La nuit à l’envers, le tango de Didier Brengarth

13 mars 2018 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Didier Brengarth, dont on reste, bientôt quinze ans plus tard, encore troublés par sa version des Muses Orphelines de Michel Marc Bouchard, met en scène un texte de jeunesse de Xavier Durringer, La Nuit à l’envers. Un huis-clos resserré qui se danse à deux.

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Stéphanie Colonna campe Lola, une pute. Pour l’instant, elle est dans sa piaule, elle se prépare à descendre. Robe noire très courte et ultra sexy, talons vertigineux, perruque blonde. Elle remplit le cahier des charges. Alors pourquoi Jean (Olivier Hardouin) ne la baise pas ? Il est monté, il a payé. Et là, dans la chambre où un lit au couvre-lit mémé occupe le regard, le doute s’installe. Un client qui ne consomme pas. La nuit à l’envers commence, les choses se retournent.

La force de la mise en scène est d’être sobre sans être épurée. On est dans le figuratif ici, et chaque élément est bien défini. Un bureau, un kimono, une lampe, une bouteille d’alcool. Rien à bouffer, pas encore.
Pourquoi est-il là ? est la grande question de ce texte aux allures de polar.

Le gars a d’abord l’air normal avant de devenir totalement effrayant. L’érotomane a pris cette fille comme objet de désir. Il en sait trop sur elle pour être un inconnu. Ou alors, ce serait vraiment étrange. Ce sera vraiment étrange.

Stéphanie Colonna joue impeccablement bien, tout en retenue. Elle passe de la rassurante à l’effrayée pour revenir à un état désabusé sans à-coups. Oliver Hardouin nous fait hésiter entre rire et peur en campant un boy next door trop propre pour être normal.

La Nuit à l’envers nous ramène aux fondamentaux du théâtre : un texte superbement écrit (le deuxième de Durringer, à 23 ans), des comédiens qui le portent tout en nuance, et une mise en scène qui permet au mots et au jeu de se déployer sans contrainte.

Une heure en folie douce, en polar sans crime mais pas sans cadavre, au son d’un tango très contemporain, c’est à cela que vous assisterez jusqu’au 26 mars, au Local Théâtre, 18 rue de l’Orillon ( Metro Belleville), le vendredi à 20H30, le samedi et le lundi à 19h et le dimanche à 17h. Réservations ici.

Xavier Durringer, auteur de la pièce « La Nuit à l’Envers sera présent vendredi 16 Mars.
Il nous fera l’honneur d’une rencontre bord plateau après la représentation.

Visuels : ©Laurent Vier

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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