Théâtre

« Noces de sang » au Château de Grignan

« Noces de sang » au Château de Grignan

03 août 2018 | PAR Sarah Reiffers

Du 27 juin au 25 août, les Fêtes Nocturnes du château de Grignan tentent de s’approprier Noces de Sang, drame passionnel écrit par Frederico Garcia Lorca. Un spectacle qui, faute d’une bonne interprétation, peine à séduire.

[rating=2]

Comme tous les ans, les Fêtes Nocturnes offrent à de nombreux spectateurs l’occasion de passer une soirée mêlant spectacle et architecture : presque tous les soirs, lorsque le soleil se couche, les acteurs montent sur scène dans la superbe cour du château de Grignan, dans la Drôme provençale. Cette année c’est le metteur en scène Vincent Goethals et la Compagnie du Théâtre en Scène qui s’installent sur les lieux avec Noces de Sang de Frederico Garcia Lorca. Écrite en 1932, cette pièce en trois actes fait jouer les passions entre deux hommes et une femme, sur fond de tensions familiales, dans la chaleur écrasante de l’Andalousie.

Vincent Goethals a eu la bonne idée de convier – littéralement – les spectateurs à la noce. Une trentaine d’entre eux sont invités, à chaque représentation, à monter sur scène pour danser et chanter avec les comédiens auprès des jeunes mariés. Le reste du public est lui aussi invité à devenir acteur des festivités en entonnant une chanson populaire espagnole apprise lors d’une (trop) longue répétition au tout début de la représentation. Mais pour entrer pleinement dans l’œuvre fe Lorca, pour en ressentir toute la puissance, il faudrait pouvoir vibrer avec les personnages, ressentir leur colère, leur désespoir et leur amour – il faudrait pouvoir bâtir ce pont qui relie personnages et spectateurs et fait la force de toute bonne représentation. Le Noces de Sang de Vincent Goethals peine à y parvenir : les interprètes s’époumonent, versent des larmes et débitent leur texte sans réussir à nous toucher. On reste de marbre. Et, au final, on observe d’un œil passif et presque désintéressé les passions qui se jouent devant nous.

Et c’est bien dommage car la scénographie, signée Benoit Dugardyn, est un régal. Jouant sur les tons rouges, blancs et bleus elle reste très épurée (mais peut-on vraiment en faire trop, devant l’imposante façade du château ?) et s’inscrit dans la poésie âpre propre à Lorca : on retiendra tout particulèrement les scènes de la noce et du monologue de la lune, splendides jeux de tissus et de lumière.

Pour plus d’informations sur les Fêtes Nocturnes, cliquez ici.

Visuels : Jean Delmarty

Agenda culturel du week-end du 3 août
45e Festival de musique des Arcs : Bernstein et l’Amérique du 20e siècle
Sarah Reiffers

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *