Théâtre
« Mongol » au TEP…de la conquête de soi

« Mongol » au TEP…de la conquête de soi

09 mai 2011 | PAR Avela Guilloux

Dans le cadre du Festival 123 theatre, le TEP présente un texte de Karin Serres, dans une mise en scène de Pascale Daniel-Lacombe.

Ludovic sait bien qu’il n’est pas complètement idiot, seulement un peu lent. À la dernière récré, il y en a un qui s’est écrié : « Mongol ! » Qu’est-ce que ça veut dire, mongol ? Pour la première fois de sa vie, il consulte un dictionnaire. S’ouvre alors devant lui un nouveua monde, empli de guerriers téméraires, de steppes, de plaines à perte de vue, de chevauchées sauvages.Ludovic sera un véritable Mongol de Mongolie ! Bizarrement, personne ne semble se réjouir de sa métamorphose. Sa maîtresse le punit, ses parents s’inquiètent et ses camarades de classe le regardent d’un drôle d’air.Ludovic se passionne, s’imagine en réincarnation de Gengis Kahn, se prend au jeu, y puise la force nécessaire pour évoluer, grandir, se dépasser, se trouver.

Voici une magnifique  histoire de conquête de soi,  qui nous est contée à travers celle d’un petit garçon raillé parce que  » différent », un peu lent…on ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs, le mot n’est jamais lâché, et tant mieux. Une chose est sûre, Ludovic est tout d’abord un incompris, décalé, à qui le système scolaire ne va pas, tout simplement. Une approche drôle, délicate et convaincante de problèmes comme l’intolérance et l’affirmation de soi dans la recherche d’une nouvelle identité.

La mise en scène de Pascale Daniel- Lacombe prend place dans une scénographie tout en clair obscur, où les comédiens évoluent dans un décor fait de panneaux coulissants qui figurent peu à peu les différents lieux du récit, habillé de lumières très justement et subtilement travaillées et dosés. Tout ici suggère en début de spectacle le malaise de Ludovic, et le spectateur, ne peut qu’être de son côté : petit bonhomme perdu dans un monde qui va un tout petit peu trop vite, où les lumières n’éclairent jamais vraiment, où personne , même ses parents, pourtant débordants de tendresse, d’amour et de compréhension, ne  semblent détenir les clés, et où les autres enfants l’ont choisi comme bouc émissaire. Puis le plateau se dégage peu à peu, s’éclaire, l’horizon réapparaît, au fur et à mesure de la » transformation » de Ludovic. Le spectateur se met à respirer, rire, avec lui…Ludovic se sent spécial pour une autre raison. Il est en train de grandir, tout simplement.

Un magnifique spectacle, où chaque mot sonne juste, où les rêves d’enfants révèlent leur importance. Karin Serres parle dans son texte ( un roman à la base)  de l’incivilité qui règne dans l’air ambiant de nos enfants, mais sans aucune leçon de morale : l’insulte de départ est détournée, puis transfigurée. c’est un spectacle qui nous apprend qu’un problème peut devenir une force pour rebondir, il faut juste trouver le courage de s’élancer.

Décidément, le TEP aura vraiment su faire du spectacle jeune public un art à part entière, et on ne peut que regretter que cette saison connaisse la dernière édition du formidable festival 123 Théâtre.

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Avela Guilloux

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