Théâtre
Le fil de La collection se déroule au Off d’Avignon

Le fil de La collection se déroule au Off d’Avignon

04 juin 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Du 7 au 25 juillet, le collectif BPM (Catherine Buüchi, Léa Pohlhammer, Pierre Mifsud), présentera une partie sa Collection vintage et drôle à la Sélection Suisse à Avignon. Après avoir été présentée au Théâtre de l’Orangerie en 2020, la pièce faisait hier la réouverture de l’auditorium du Musée d’Orsay.

Cela fait bientôt dix ans que ce collectif suisse sévit au-delà des cantons. Les trois comédiens ont comme point commun un sens du jeu qui met l’humour au centre. Nous sommes proches de l’univers de Raymond Devos dans cet exercice qu’est « la collection ». Mais la collection de quoi au fait ? Et bien d’objets que nous ne voyons pas : le vélomoteur, le téléphone à cadran rotatif, le téléviseur à tube cathodique, le service à asperges et post-scriptum. Chaque « épisode » dure trente minutes et il est relié à l’histoire précédente par un objet, un truc. Par exemple, une glace à la pistache !

Nous sommes dans un monde absurde et chic. Tous les trois sont habillés de noir, ambiance grand soir. Et pourtant, on les regarde et on se marre déjà. Ils n’inspirent pas l’élégance. On sent que le décalage va arriver entre le look et les mots. Et les voilà partis, aussi rodés que des machines, à un rythme soutenu (au moins 60 km/h).

Dans cette collection, la nostalgie se conjugue en dérision. Il y a le look des années 80. Le bomber’s, la coiffure avec une frange à coque, et au goûter, une barre de milky way.

Chaque objet est l’occasion d’une exposition des talents. A un moment, Pierre Misfud est Jill, 17 ans, baby sitter terrorisée par des appels anonymes, Catherine Buüchi est Katharine Hepburn, Léa Pohlhammer campe BB, le léopard de Katharine ou à un  autre moment Alejandra, accrochée au fil de la seule cabine téléphonique du village pour joindre, dans une scène qui rendrait Almodovar jaloux, l’amoureux loin là-bas. Dans les personnages, on croise le plus beau de la classe ou un autre, vraiment méchant qui renverse les vélos-sans-moteur  avec son vélo-moteur. Méchant, très méchant.

Ils changent de rôles non stop et s’amusent terriblement à mettre le jeu en scène, à sortir du personnage, à parler au personnage. Le trio maîtrise absolument la scène, ils la possèdent, et nous on se marre avec l’envie de se regarder un peu dans le rétro et de racheter un téléphone fixe à cadran, c’est très à la mode en plus !

 

Visuel : © Anouk Schneider 

Au 11 à 11H55, dans le cadre de la Sélection Suisse, relâche les 11, 12 et 19 juillet.

Retrouvez tous les articles du Festival d’Avignon 2021 dans le dossier de la rédaction.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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