Théâtre
Émilie Rousset tente la conquête de Mars au Festival Reims Scènes d’Europe

Émilie Rousset tente la conquête de Mars au Festival Reims Scènes d’Europe

11 décembre 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis le 28 novembre et jusqu’au 14 décembre, sept scènes rémoises vibrent au rythme des spectacles programmés au Festival Reims Scènes d’Europe. Cinéma, expo, théâtre et installations sont au rendez-vous. Hier soir se donnait la première d’une pièce foutraque : Mars-Watchers.

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Émilie Rousset est artiste associée à la Comédie de Reims depuis 2010. Elle a déjà à son actif nombres de pièces et performances, telles La Terreur du Boomerang avec l’auteur Anne Kawala, La Place royale de Corneille ou L’Odyssée spéciale. Aujourd’hui, elle revient avec une création Mars Watchers qui nous embarque dans les terres du faux-semblant.

Une fausse expédition sur Mars est en cours. Nous sommes en Russie entre 2010 et 2011. Six scientifiques dont quatre survivants se partagent une hutte dans un espace recréant la planète rouge. Il s’agit en temps réel, 245 jours-allers, 30 jours sur place, 245 jours-retour, d’aller explorer les conditions de vie possible sur cet ailleurs. L’idée d’Émilie Rousset est de simuler une simulation… belle idée !

Le résultat est d’abord drôle car tout est faux ici. Un décor en carton pâte s’ouvrira après une (trop) longue introduction faite de sons d’archives et de musique de conquête spatiale. Nous rencontrerons ensuite Romain et Soukhrob qui dansent, Diego qui tient le bar et Wang qui récite un poème chinois en l’honneur de l’année du Lièvre.

Ensuite, il lasse. Plusieurs inspirations s’entremêlent pour rapidement s’annuler. On pense aux premiers épisodes de Star Strek, au naturalisme de Philippe Quesne et à la folie accumulatrice de Vincent Macaigne, aux séances de coaching des Chiens de Navarre. Ici, les mots sont prononcés avec une froide distance, ce qui apporte une dose d’humour considérable, mais les scènes se succèdent sans fil conducteur véritable. On est ravis de voir surgir une scénographie rouge laissant place à une comédie musicale rock mais qui ne percute pas.

Pourtant, il y a une foule d’idées dans ce travail encore en devenir. Le jeu des comédiens fonctionne impeccablement dans une proposition qui les force à friser le ridicule (mention spéciale à un magnifique costume de plancton !)  Mais cette esthétique à la Meliès ne suffit pas à nous faire quitter terre. Émilie Rousset explore des pistes théâtrales, mais comme ces non-spationautes, elle ne décolle pas.

Le festival se poursuit jusqu’au 14 décembre avec L’Âme des termites de Josse de Pauw, Europia de Gérard Watkins et Anamnesis de Viktor Bodó.

Visuel : © Mars-Watchers, Émilie Rousset © Philippe Lebruman

Infos pratiques

Compagnie les comédiens voyageurs
Action culturelle du barrois
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