Théâtre

[Avignon Off] Sergi Lopez et Jorge Pico envoient leurs psychoses au filet

[Avignon Off] Sergi Lopez et Jorge Pico envoient leurs psychoses au filet

24 juillet 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Avec 30/40 Livingston, préparez vous à voyager une heure et quart en folie pure. L’acteur star Sergi Lopez et le co-auteur de ce texte qui sera pris à tort pour une comédie. Ici, nous sommes en pleine tragédie, ce n’est pas pour autant qu’il ne faudrait pas rire !

[rating=4]

C’est l’histoire d’un petit garçon qui a déjà dépassé la quarantaine. Il veut choisir sa vie et être chercheur. Mais chercheur en quoi ? Cela personne ne le sait. Alors quand, on imagine, pour la énième fois il vient parler à son père de ses projets d’avenir, ce dernier se concentre sur la demi-finale de Wimbledon et laisse son fils avoir tout le loisir de regarder avec insistance le cerf empaillé qui sied si bien à cette maison « taxidermée ».

Sur le plateau, un grand tapis à peluches, tout vert comme un gazon et vide, résolument vide, le fauteuil du père.

Lopez entre alors dans un numéro de bouffon qui planque à peine un texte d’une violence inouïe sur la dépossession de soi. Nous avons oublié de vous dire que le père silencieux était  juge. Face à la fonction qui permet de dire la vie et la mort d’un homme, Lopez fuit dans son « paradis du chercher » , le cerf du salon prends un temps vie, et pour une fois,le pouvoir sera du côté de l’enfant.

L’humour est ici vecteur d’un spectacle qui s’enfonce, dans le fond et dans la forme dans des incohérences démentes. Le cerf apprend à jouer au tennis, Lopez deviendra chasseur….L’imaginaire fonctionne au maximum sur ce plateau habité par celui qui parle à la vitesse d’un moulin à vent par temps de mistral et l’autre qui au max rait. ( Apprenez que le cerf ne brame qu’en période de rut, le reste du temps, il rait…)

On reste à la fois séduits et interloqués. Où se passe la scène, sommes -nous dans un fantasme ou déjà dans un hôpital psychiatrique ? L’idée est brillante de traiter la misère des rapports familiaux figés par une allégorie d’un voyage en forêt lointaine.

On passe sur la musique poussive de la fin, 30/40 Livingston est un très bon spectacle.

Visuel : ©David Ruano

Retrouvez le dossier Festival d’Avignon 2014 de la rédaction

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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