Théâtre

Avignon OFF 2019 : « Déglutis, ça ira mieux », mais la pilule est quand même dure à avaler…

Avignon OFF 2019 : « Déglutis, ça ira mieux », mais la pilule est quand même dure à avaler…

13 juillet 2019 | PAR Magali Sautreuil

Lorsque la maladie nous frappe, que son issue est forcément fatale et que ses symptômes sont insupportables, mieux vaut-il se battre ou laisser la mort y mettre un terme ? Un choix difficile, à la fois pour les malades et pour leurs proches… C’est à ce dilemme cornélien qu’Aline et sa fille Nina devront faire face, dans Déglutis, ça ira mieux, un drame familial à découvrir dans le cadre du Festival OFF d’Avignon, au théâtre du Balcon.

 

Aline apprend à 50 ans qu’elle est atteinte d’une pathologie dégénérative mentale aiguë génétique. Un coup dur pour cette éternelle adolescente… Sans traitement, elle n’a aucun espoir de guérison. L’issue de sa maladie est forcément fatale. Pour couronner le tout, ses derniers instants à vivre seront marqués par la souffrance. Les symptômes vont progressivement affecter tous ses sens : schizophrénie, perte de mémoire et du sens de l’équilibre, paralysie nucléaire progressive… Un scénario catastrophe, une réalité cruelle face à laquelle elle essaie de faire bonne figure.

Avant de mourir, elle souhaite revoir une dernière fois sa fille, Nina, afin de faire la paix avec elle. Celle-ci a fui le foyer familial, pour oublier son enfance pourrie par une mère immature. Afin de mettre le plus de distance possible avec sa génitrice, elle est partie en mission humanitaire dans des pays en difficulté, là où elle a l’impression d’être utile et aimée. Mais aujourd’hui, la voici de retour à Paris, au moment où sa mère a le plus besoin d’elle, malgré leur lourd passif. Leurs retrouvailles sont à la fois tendues, émouvantes, déjantées, drôles…

Aline espère secrètement que sa fille acceptera sa requête : l’aider à partir dignement. Désir égoïste ou preuve d’amour, nul ne peut le dire… Quelle que soit la décision de Nina, les derniers moments passés entre Aline et sa fille leur auront permis de se retrouver. Lorsque l’on sait que le temps nous est compté, notre regard sur la vie et sur les autres change considérablement…

Cette question de la maladie et de la mort, chacun d’entre nous peut y être confronté. L’écriture simple et les dialogues entre la mère et la fille, travaillés de manière très naturelle, facilitent l’identification du public aux deux personnages.

Le décor, projeté sur des tentures qui font toute la hauteur de la scène, nous plonge dans le quotidien d’Aline et de Nina. Grâce au dispositif vidéo, nous pouvons suivre, pas à pas, non seulement le déroulement de l’histoire dans l’espace réel (appartement d’Aline, hôpital, karaoké, arrêt de bus), mais aussi avoir accès aux souvenirs de Nina et de sa mère, ainsi qu’aux hallucinations de cette dernière, provoquées par la maladie. Une façon ingénieuse de rendre tangible l’invisible.

Happés par l’histoire tragique de cette mère et de cette fille qui, à peine se sont-elles véritablement retrouvées, sont obligées de se quitter, nous prenons conscience qu’il est important de se parler et dire combien on les aime à nos proches…  

Déglutis, ça ira mieux, écrit et mis en scène par Andréa Bescond et Éric Métayer, présenté dans le cadre du Festival OFF d’Avignon, au théâtre du Balcon, du 5 au 28 juillet 2019, à 22 h 30. Relâche les 9, 16 et 23 juillet 2019. Durée : 1 h 30.

Retrouvez l’actualité du spectacle sur sa page Facebook (ici), ainsi que celle de JMP (Jean-Marc Dumontet Production) sur son site Internet (ici), son compte Twitter (ici) et sa chaîne YouTube (ici).

Visuel : Affiche officielle et photos de © Fabienne Rappeneau.

Infos pratiques

Cent-Quatre Paris
Musée du Pays Chatillonnais – Trésor de Vix
Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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