Théâtre

« Apocalypse Bébé », Selma Alaoui adapte fiévreusement Despentes

« Apocalypse Bébé », Selma Alaoui adapte fiévreusement Despentes

24 mars 2019 | PAR Lou Baudillon

Jusqu’au 28 mars, se joue au Théâtre Paris Villette l’adaptation de Apocalypse Bébé, 6ème roman de Virginie Despentes. Une oeuvre toute en énergie et en paillettes, qui appuie là où ça fait mal avec un humour décapant. 

Une adolescente à problèmes qui disparait, une jeune détective qui part à se recherche avec l’aide d’une charismatique enquêtrice surnommée « la hyène », et nous voilà embarqué dans une folle virée aux allures de polar trash et girl power. Selma Alaoui adapte avec le collectif Mariedl le texte lancinant de Despentes par une mise en mouvement fluide et énergique, très réfléchie, qui donne à la représentation tout le dynamisme et le piquant que l’on connait de son auteur. L’oeuvre de Virginie Despentes ne l’avait jamais laissée indifférente, et Selma Alaoui choisit pour sa dernière création d’adapter ce roman inclassable, ce qui lui vaudra 3 nominations au Prix de la Critique belge en 2017. Celle du meilleur spectacle, de la meilleure actrice et de la meilleure scénographie. 

Sous les éclairages, les acteurs plus brillants les uns que les autres donnent aux dialogues, monologues et aux mises en abime minutieuses de Apocalypse Bébé des rondeurs qui s’entrechoquent. La souplesse de la pièce révèle des personnages féminins hauts en couleur, intenses, des héroïnes drôles, belles et irrévérencieuses, aux paroles aiguisées de près. Très visuelle, la mise en scène nous entraine dans une esthétique cinématographique pour dépeindre une vision poignante de l’escalier qui mène à la violence. Jusqu’aux élans tragiques, se mêlent le sexisme, les dérives sociales, le monde de la nuit, la rage, la sexualité et l’émotion pure dans un tourbillon psychédélique, sexy et pur. À la fin, il ne reste que cette odeur de cigarette, le chaos sur la scène, ainsi que cette sensation de piquant qui reste dans la gorge.

Apocalypse Bébé est à experimenter au Théâtre Paris Villette jusqu’au 28 mars. Plus d’informations et réservations à retrouver ici.

 

 

Visuels : ©Lou Hérion – Théâtre Paris Villette 

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