Théâtre
A la française ! Edouard Baer se répète une fois de trop

A la française ! Edouard Baer se répète une fois de trop

01 octobre 2012 | PAR Christophe Candoni

Edouard Baer est un artiste qui suscite une telle sympathie qu’on prend plaisir à le voir et le revoir sur scène. Mais à force de ne pas se renouveler, il lasse et finit par décevoir. Sa dernière création, « A la française », qu’il écrit, met en scène et joue au théâtre Marigny repose sur une mécanique identique aux précédents spectacles, avec un peu de je-m’en-foutisme en plus, et cette fois-ci, cela passe moins bien.

Du savoir-faire, Edouard Baer n’en manque pas. Il en use et abuse, plus ou moins efficacement d’ailleurs. Avec la bonne humeur et l’humour décalé qu’on lui connait, quelques répliques bien senties, des chansons rigolotes, des déguisements de fortune et dans un esprit foutraque et fantaisiste, il se fait le meneur hors-pair d’un spectacle préparé trop légèrement, en tentant de remédier difficilement à son inconsistance.

C’est comme animateur d’une soirée divertissante pour les grands dirigeants du monde réunis au sommet du G20 qu’Edouard Baer est embauché par le Ministère des affaires étrangères. Evidemment rien n’est prêt pour le spectacle à venir et c’est à la répétition précipitée et faussement improvisée que nous assistons. Une succession de saynètes et de personnages défilent. On y croise pêle-mêle Marianne, Piaf et Bécassine, un french-lover un brin tocard et même Napoléon. Pour valoriser la France, ses territoires, ses gens et ses cultures, sont représentés, Paris bien-sûr, qui inspire une drôle de visite des plus célèbres monuments, et la campagne avec les éternels clichés qui leur collent à la peau.

Pour se faire, Edouard Baer convoque ses acolytes réguliers dont Lionel Abelanski, Atmen Kelif, Patrick Boshart, amusants mais inégalement employés, Papinou, la marionnette en forme de cochon qu’il affectionne particulièrement est là aussi, ainsi que quelques jeunes recrues. Nous avons donc assisté aux débuts moyennement convaincants sur les planches de Leïla Bekhti  pourtant aussi fraîche et mignonne que dans “Tout ce qui brille” le film qui l’a révélée. Elle est en doublon avec Léa Drucker dans le rôle de l’assistante à tout faire. Conséquence de l’alternance, nous n’avons vu le jeune Vincent Lacoste. Dommage car l’acteur principal du film Les Beaux Gosses » de Riad Sattouf sera à l’évidence beaucoup plus crédible dans le rôle du jeune stagiaire fils à papa que Philippe Duquesne.

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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