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« Saison 1 », les voix de la fiction de Florence Minder

« Saison 1 », les voix de la fiction de Florence Minder

20 décembre 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Programmé dans le cadre du festival ( et concours !) Impatience, Saison 1 de Florence Minder vient délicieusement questionner notre rapport à l’addiction fictionnelle. Nous, on rêve d’une Saison 2 !

Florence Minder nous accueille à la façon d’une prof de fac sympa. Elle est derrière son ordinateur portable, habillée chic : pantalon slim noir, talons très haut, chemisier blanc et veste à sequins argentés. Elle dit bonsoir poliment, nous indique les places libres et attaque. La blonde hitchcockienne aux lèvres rouges installe le projet dans son contexte : une oeuvre performative, pensée comme une série, qui devrait être programmée au Festival d’Avignon…2034. On commence à trouver cela absurde, et elle nous capture. Trois épisodes donc, constituant la première Saison d’une série sans nom.

Trois épisodes pensés comme les trois actes classiques du théâtre. Trois épisodes qui suffisent à passer de l’ultra récit, transmis assis,  au geste non figuratif pourtant porteur de sens.

Dans un hommage lointain à Personnages en quête d’auteur de Luigi Pirandello, Florence Minder imagine que son héroïne ne veut pas être enfermée dans cette histoire : « L’ennemi c’est l’histoire à laquelle on se limite, on se fout de la cohérence ». Mais au fait quelle histoire ? Finalement on se rend compte que le récit est anecdotique ici, juste support à la réflexion sur ce qu’est une fiction.

Racontons un peu tout de même, car oui, tout le monde aime les histoires. Saison 1 nous transporte dans la jungle sud-américaine où un groupe de touristes est pris en otage. Mais Irène, notre héroïne parviendra à se libérer dans des conditions atroces que la comédienne nous raconte par le menu, dans un humour noir mordant.

Longtemps, Florence Minder est seule en scène, elle sera ensuite rejointe par la délirante Sophie Sénécaut qui campe la voix des délires hallucinogènes d’Irène,  puis du danseur Pascal Merighi, interprète des pièces de Pina Baush, au geste tout en souffle, très Nadj. Florence Minder est une performeuse époustouflante, qui vous attrape et ne vous lâche pas. Ses changements de voix brutaux, ses attitudes évoluant à la façon d’une schizophrène la rende aimantée.

Saison 1 gagnera-t-il le prix Impatience ? On le saura le 22 décembre à 23H au T2G. Suspens ! Rappelons que le festival a  permis de faire émerger Fabrice Murgia, la Winter Family  ou encore le Grand Cerf Bleu. A suivre !

Visuel : © Valérianne Poidevin

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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