Théâtre
Impatience 2014 : noir futur à la recherche du passé

Impatience 2014 : noir futur à la recherche du passé

03 avril 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Depuis six ans, le « festival de jeunes compagnies » créé par Olivier Py –d’abord pris en charge par l’Odéon, et désormais par le 104 et le Rond-Point, avec le soutien de Télérama- fait découvrir de talentueux groupes de création, en remettant un Grand prix promettant une diffusion large. Du 23 mai au 8 juin prochains, vous aussi, spectateurs de théâtre curieux, pourrez choisir de distinguer une œuvre marquante, en lui remettant le précieux Prix du public. Attention, cette année, la sélection nous promet un climat noir, très noir, et des orages.

Impatience 2014Les lauréats des prix du festival Impatience depuis 2009 L’intelligent collectif F71 ; l’écorché Fabrice Murgia, qui sera présent en Avignon cet été ; Laurent Brethome et sa vision intense des textes ; le groupe Winter Family, lyrique et puissant ; les bonshommes délurés du Raoul Collectif ; Jonathan Châtel et son Ibsen organique ; les mexicains de Lagartijas tiradas al sol ; et les femmes de la compagnie Mesden, dirigée par Laurent Bazin.

Cette année, beaucoup d’ombre au programme. Dans des teintes diverses. Question d’âge, peut-être ? Juste le temps d’un article, partons sur cette hypothèse.

Car « jeune compagnie » ne signifie pas forcément « jeune âge ». Mais plutôt « compagnie à mettre en lumière ». Ainsi, cette année, seront présents –avec Orphelins, un texte de l’incontournable Dennis Kelly– la compagnie de Chloé Dabert, sortie du Conservatoire de Paris, avec la plupart de ses comédiens fétiches, en 1999, et déjà fondatrice d’un cours ; le groupe L’Employeur, aux membres sortis de l’Erac en 1999 ; et Frédéric Jessua, venu au théâtre en 1998, à l’âge de trente ans, et désormais compagnon de route de Lazare Herson-Macarel. Au menu, chez ces bonnes gens : violence insidieuse au sein d’un milieu à bonne façade –Chloé Dabert- violence du passage du temps –Le Temps nous manquera, spectacle de L’Employeur- et gêne due au genre –Wake up !, œuvre inspirée à Frédéric Jessua par un discours de… Lana (ex-Larry) Wachowski ! Les questions problématiques traitées en profondeur, non sans humour.

Et les jeunes loups, alors, que nous ont-ils préparé ? Davantage de cris. La Meute, collectif d’acteurs placé, entre autres, sous la houlette des lauréats 2010 d’Impatience –ayant suivi les cours de Laurent Brethome au Conservatoire de Lyon- proférera fort les mots durs d’Angelica Liddell avec sa pièce Belgrade ; Salvatore Calcagno, sorti de l’INSAS en 2009, traquera ses propres racines dans La Vecchia vacca, spectacle sur la violence familiale au style inspiré des vieilles séries italiennes ; et le tout jeune Florian Pautasso, frais émoulu de la Classe libre du Cours Florent dirigeant ses Divins animaux, ira jusqu’à l’expression frontale dans son Quatuor violence, au titre programmatique.

Oh là là, trop noir, tout ça ? On est au théâtre… Contemporain, qui plus est… Un peu d’exotisme, peut-être ? Les espagnols formant le groupe Atresbansdes seront là avec Solfatara. Des problèmes humains qui remontent à la surface, de façon inopinée, telle une éruption volcanique… Des problèmes… Mettez tous vos soucis sur avril pour vous préparer à Impatience. De peur que ce festival surprenant ne vous tende un miroir trop aiguisé…

Visuel: © affiche du Festival Impatience 2014

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Théâtre Au Coin de La Lune
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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