Performance

Le Festival Brouillage inauguré par Radio Femme Fatale et la Cie des Divins Animaux : le plein de bonnes ondes à La Loge !

Le Festival Brouillage inauguré par Radio Femme Fatale et la Cie des Divins Animaux : le plein de bonnes ondes à La Loge !

17 avril 2014 | PAR Camille Lucile Clerchon

Un programme alléchant nous attend au Théâtre La Loge et sur les ondes de Radio Campus Paris pour la première édition du Festival Brouillage. Quand la création radiophonique rencontre le spectacle vivant, cela donne un programme éclectique, expérimental et fort tentant : 8 créations présentées à La Loge et retransmises en direct et des émissions spéciales tout au long du festival sur l’antenne de Radio Campus.


brouillageBrouillage a démarré fort avec une nouvelle création de Radio Femme Fatale et la lecture d’un extrait du roman radiophonique en cours d’écriture de Florian Pautasso par la Cie des Divins Animaux.

Quoi de mieux que de retrouver Radio Femme Fatale, le duo formé par Maya Boquet et Lenka Luptakova, pour ouvrir le festival Brouillage qui propose à de jeunes artistes d’expérimenter le média radio ?
Elles ne sont certes pas novices en la matière : le plateau radio, c’est leur credo, et elles en maîtrisent les possibilités, tant sonores que scéniques. Pour la création de Give me fiction, elles s’entourent d’une troisième acolyte et de son synthétiseur pour nous proposer des Five Minutes Mysteries à leur sauce, ces mini intrigues policières à résoudre en un temps record. Radio Femme Fatale fait d’une création radiophonique une véritable performance physique, jusqu’au bras articulé du micro qui est soumis à de furieuses pirouettes. Une énergie folle est déployée pour la production de sons et de bruitages à partir d’accessoires divers : des plaques de verre, une carotte et son couteau économe, un chou pommé, des briques de jus de pomme et bien sur, cet incroyable instrument qu’est un corps doté de cordes vocales!
La vocation radiophonique de la performance implique une extrême précision et une tension
permanente qui nous suspend littéralement aux lèvres expertes des femmes fatales. N’est produit que le son qui est absolument nécessaire, que le geste qui permet la production de ce son. Tout le talent de Radio Femme Fatale est d’allier à cette rigoureuse exigence la production débridée de fictions loufoques savoureusement décalées… On aura pu ce soir être embarqués à l’anniversaire de Sammy, mystérieusement assassiné au cours de la fête, lui entonner la chanson de circonstance en dégustant un gâteau au chocolat généreusement nappé de chantilly.
Un sens magistral du rythme, une témérité dans l’expérimentation et la prise de risque en direct, un talent pour surfer sur des références hétéroclites allant des émissions CBS des années quarante au Do It Yourself punk pour en extraire la substantifique moelle : on ne résiste pas à Radio Femme Fatale!

Moins aboutie, la proposition de Florian Pautasso nous dévoile un pan de son roman radiophonique en cours d’écriture. On perçoit, pour Florian Pautasso et les trois comédiens qu’il réunit autour de lui sur le plateau, une possible inexpérience radiophonique. Les premières fois ne sont pas réputées être les meilleures mais ont ce goût d’excitation qui préside à l’exploration de terrains inexplorés.
On a déjà repéré la finesse de la plume de Florian Pautasso ; il écrit ici le récit d’une jeunesse parisienne, qui flirte avec le nombrilisme et s’enflamme dans une itinérance apocalyptico-festive. Alcool et clopes viennent recharger les batteries des comédiens qui évitent la déroute, et mènent la performance avec courage.

Pour d’autres expérimentations à voir et à écouter, rendez vous à La Loge jusqu’au 18 avril et sur Radio Campus (93.9FM).

Tout le programme ici.

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Camille Lucile Clerchon

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