Performance
« Horion », les coups sans éclats de Malika Djardi

« Horion », les coups sans éclats de Malika Djardi

31 mars 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’Étrange Cargo de la Ménagerie de Verre est l’un des meilleurs festivals de performance. Mais en faisant le choix de la création, il faut accepter la prise de risque. Ce soir et demain se donne encore Horion de Malika Djardi, une pièce creuse sur la notion de rythme.

Horion est un mot français un peu oublié qui signifie « coup violent », pourtant, ni ire ni rage dans ce pas de deux ultra daté que seule la lumière graphique et superbe du génie Yves Godin sauve totalement du naufrage.  Interroger l’impact du son sur le corps est un classique de la danse contemporaine.  Aux inaccoutumés, l’autre festival de la Ménagerie de Verre,  Maguelone Vidal questionnait d’ailleurs cet automne le point de commencement : la respiration.

Ici, tout commençait plutôt bien avec une plongée dans le noir total qui aura fait disparaître deux batteries en fond de scène. On entend une bagarre hyper violente et on s’attend à un choc. Ils arrivent, en Adam et Eve, académique couleur chair, en transparence, avec des cache-sexes. Cela se veut drôle ou radical, on ne sait pas tant la proposition manque d’une ligne claire.

Les parties non sonorisées offrent pourtant de belles images. Comme cette apparition très inspirée de Steven Cohen, où la magnifique interprète qu’est Malika Djardi ( Joris Lacoste, Pierre Droulers…) arrive en ballerine dont les pointes sont des pierres accrochées à ses grosses baskets et dont le tutu est une jupe en tiges métallique. Elle écrase de sa présence Nestor Garcia Diaz qui lui brille par sa vulgarité.

Malheureusement, les références fusent plus avance le spectacle. La batterie nous rappelle un autre duo, vraiment violent celui-là.  Hélène Rocheteau et le batteur Jean-Baptiste Geoffroy ont créé Blast en 2015, une possession sexuelle ultra percutante. On pense aussi aux pièces de Christian Rizzo qui utilise souvent la batterie pour créer le choc ( D’après une histoire vraie,  Soit le puits était profond, soit ils tombaient très lentement, car ils eurent le temps de regarder tout autour). Horion est écrasé par ses mentions qui sont de mauvais hommages. Ce spectacle n’apporte rien. Ni question neuve ni une approche radicale de la danse. En créature collantée on préférera garder l’image de Anna Gaïotti dont la violence n’était pas feinte.

Visuel : Horion – Malika Djardi ©Laurent Philippe

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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