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[Festival d’Automne] Les aveuglements d’Alessandro Sciarroni

[Festival d’Automne] Les aveuglements d’Alessandro Sciarroni

24 novembre 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Alessandro Sciarroni est devenu, depuis la révélation  aux Rencontres Chorégraphiques de Seine-Saint-Denis en 2013 avec son Folk’s jusqu’à l’épuisement, un chorégraphe iconoclaste qui compte parmi les plus grands. Son nouvel objet d’étude est la vision. Aurora est présenté dans le cadre du Festival d’Automne.

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L’année dernière, le Festival d’Automne consacrait un portrait à l’italien en trois spectacles, Folk’s, Joseph Kids et Untitled. Tous venaient dire une obsession dans une répétition. Pour Folk’s il s’agissait d’une danse folklorique, Joseph Kids nous plaçait dans l’aléatoire de chat roulette et Untitled dans la chute. Aurora travaille la question de l’aveuglement.

Sur scène le plateau est devenu un terrain de goatball. Il s’agit d’un sport de ballon qui est pratiqué par des sportifs déficients visuels. Deux arbitres vont compter les points qui départageront l’équipe de gauche et celle de droite. La danse se place ici dans la lumière et dans le temps pris pour mettre en place le match. L’idée est ici de créer une tension dramatique.
Sciaronni module la lumière, nous faisant passer de l’ultra-luminosité au noir total. Nous plongeant aussi dans un demi-regard.

Mais très vite, le spectacle devient seulement un match et l’ennui nous attrape. Nous n’avons pas ici retrouvé la notion existentialiste très présente dans Untitled_I will be there when you die par exemple, où l’enfer se résumait à l’alliance d’une techno obsédante et de massues de jonglage. Nous les regardions jongler comme si la chute de l’une d’entre elles allait leur causer la mort.

Aurora n’a pas eu d’effet hypnotique sur nous. Pourtant le procédé scénographique est parfait. La répétition des gestes de ces joueurs aux yeux totalement bandés aurait dû devenir pour nous un spectacle digne des arènes des jeux du cirque antique. Mais nous sommes restés sur le banc à compter les points de ce match fort tendu entre les deux équipes, souhaitant que le meilleur gagne. C’est tout. Peut-être qu’à trop vouloir appliquer la même méthode à chacune de ses œuvres, le chorégraphe perd en effet d’intensité. On ne lui en veut pas pour cette fois.

Visuel : © Alessandro Sciarroni

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