Danse
« JOSEPH_Kids », la réalité augmentée d’Alessandro Sciarroni

« JOSEPH_Kids », la réalité augmentée d’Alessandro Sciarroni

26 septembre 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le nouveau chouchou du monde de la danse se nomme Alessandro Sciarroni, le Festival d’Automne l’a bien compris et lui consacre un superbe focus  de trois spectacles dont la reprise, version enfant, de son solo interactif et avec supers héros : JOSEPH_Kids.

[rating=5]

Prenez un bon danseur,  Marco d’Agostin, un ordinateur, une bonne playlist où Bowie croise Portishead et c’est parti. Dans cette version pour enfant, dès 4 ans, le metteur en scène lâche l’idée d’un dialogue visuel avec le site aléatoire Chatroulette et se concentre sur les possibilités scéniques qu’offrent les applications de modification de l’image. Dans JOSEPH, version grands, le danseur habillé en Batman cheap tirait  au sort un internaute et dansait devant lui avant de lui faire découvrir le public. Repensé à destination des enfants, il était impossible, pour des raisons pornographiques de garder le concept intact. Alors, le public est acteur, puisque lui et le danseur voient leurs corps s’augmenter, s’étirer ou pourquoi pas se dédoubler.

 Sciarroni est un homme d’expérience. On se souvient de FOLK-S_will you still love me tomorrow (à revoir au Monfort du 4 au 8 novembre) où les danses folkloriques étaient confrontées à l’épuisement de la durée. Ici, le danseur qui ondule, désaxe, déhanche, en pantalon raccourci et marinière, joue avec la webcam. Le regard se trouble et ne sait plus qui devenu quoi regarder. L’image ou l’homme ? Chaque effet correspond à une chanson, et le performeur s’en amuse. Sur « L’arena », thème classique d’Ennio Morricone, l’image les met face à face pour un duel dont l’issue est l’avalement de l’autre.

Ici, l’idée se déploie très bien, avec inventivité et fluidité. La manipulation de l’ordinateur associée aux effets permet d’offrir des images référencées.

Sous des allures faciles, JOSEPh_Kids va plus loin qu’il le prétend. La lumière est froide, la danse lascive et triste. Le rapport à l’autre est virtuel, il avance de toute façon masqué même quand le solo se fait duo. Le public et le danseur se jaugent et se contrôlent à l’écran, regard en verre qui se pose sur nous dont nous sommes drogués.

Visuel : ©Alessandro Sciarroni

Le spectacle a été présenté au 104 les 25 et 26 septembre. Il sera à la MAC du 2 au 4 octobre puis au Théâtre Louis Aragon le 6 décembre.

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