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[Critique] « All Ears » de Kate McIntosh pour les Latitudes Contemporaines à Lille

[Critique] « All Ears » de Kate McIntosh pour les Latitudes Contemporaines à Lille

12 juin 2014 | PAR Audrey Chaix

Les Latitudes Contemporaines ont invité Kate McIntosh, une artiste néo-zélandaise qui vit aujourd’hui à Bruxelles. Au croisement entre le théâtre, la performance et l’installation et dans un va et vient constant entre le plateau et la salle, elle offre au public quelque chose de très différent de ce que l’on voit habituellement, où les spectateurs font partie intégrante du spectacle. Avec All Ears, elle propose une expérience ludique où le public devient acteur, dans une sorte de laboratoire un peu fantasque, mais surtout très accueillant. 

Tout commence avec un drôle de sondage. De son anglais délicieusement mâtiné d’un accent néo-zélandais, Kate McIntosh  nous invite à répondre à plusieurs questions en levant le bras. Cela va du très banal « Êtes-vous plutôt ponctuel ? » au très gênant « Vous arrive-t-il de penser au sexe lorsque vous vous ennuyez au théâtre ? ». On commence par être un peu surpris de se trouver aussi actif pendant la représentation, puis tout le monde finit par se prendre au jeu de ces questions posées avec charme et candeur par Kate McIntosh – qui n’est pas sans donner ses impressions sur son public elle aussi !

Tout en continuant à interroger les spectateurs – ce questionnement ne cessera jamais, comme pour impliquer toujours plus le public (McIntosh semble avoir compris comment ne pas endormir son auditoire fatigué après une journée de travail !), la jeune femme leur propose peu à peu de créer, à leur tour, la partition du spectacle. En frappant dans ses mains, en claquant des doigts, en tapant du pied par terre, elle joue avec son public pour recréer le bruit de la pluie… jusqu’à quitter complètement la scène en leur laissant accessoires et instructions pour composer une véritable symphonie ménagère. Les instructions n’étant connues que par ceux qui les ont reçues, la composition se fait dans la surprise de chacun alors que des nouveaux « instruments » (chaises et billes, raclette en métal et cordages) entrent dans la danse chacun à leur tour.

Avec ses questions incessantes, Kate McIntosh interroge ainsi avec humour et légèreté la question du rôle du spectateur, ainsi que de notre propre volonté d’interaction sociale dans un groupe. C’est malin, c’est plutôt bien fichu, et ça met tout le monde de bonne humeur !

Photos : © Robin Junicke et Sandra Kormann

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Audrey Chaix
Professionnelle de la communication, Audrey a fait des études d'anglais et de communication à la Sorbonne et au CELSA avant de partir vivre à Lille. Passionnée par le spectacle vivant, en particulier le théâtre, mais aussi la danse ou l'opéra, elle écume les salles de spectacle de part et d'autre de la frontière franco-belgo-britannique. @audreyvchaix photo : maxime dufour photographies.

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