Performance
Antoine Defoort, le droit d’auteur c’est simple comme un Pépito

Antoine Defoort, le droit d’auteur c’est simple comme un Pépito

09 octobre 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Avec Un faible degré d’originalité, le truculent Antoine Defoort, offre un spectacle délirant sur un sujet chiant, il fallait le faire, il a osé le faire. Nous tenir en haleine pendant 1H30 seul en scène, avec comme seul propos : le droit d’auteur. Délirant.

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Cette semaine, l’assemblée a voté une la loi sur « la liberté de création artistique ». Cette loi affirme que « La création artistique est libre ». C’est ce que son nom laissait supposer d’ailleurs. Mais,  à aucun moment, il n’est question de définir ce qu’est une « création artistique ». Justement,  Antoine Defoort s’est posé la question. Mais alors, à sa façon que, un peu abasourdis par le choc,  nous avions découverte lors de la représentation de Germinal où avec ses acolytes Arnaud Boulogne, Ondine Cloez et Halory Goerger  il mettait en scène une création du monde dans une version délicieusement décalée. Ici, on retrouve le même procédé d’étonnement.

Un faible degre d’originalite – version beta from amicale de production on Vimeo.

Defoort nous accueille en nous offrant des Pépito®, ce qu’à 19h, le public entier accepte avec joie et bonheur. Nous sommes en format conférence, il a sorti ses plus jolies chaussures bleues et va nous raconter, avec le tempo d’un Bellemarre en forme, la fabuleuse histoire des Parapluies de Cherbourg. Voyez vous, le monsieur est fan et voulait en faire un spectacle, sauf que patatras, il n’a pas obtenu les droits.

Une folie en amenant une autre, la question des droits est donc devenu un spectacle, qui se déroule maintenant au 104. Définir une oeuvre,  pour la loi c’est simple, c’est une question « d’originalité », et elle peut même être « faible ». S’attaquer à une institution tricentenaire, il fallait oser. En faire un spectacle n’est pas une gageure, ce n’est même pas une plaisanterie tant le conflit des Intermittents en 2014 a prouvé que la question était actuelle. La révolution liée aux pratiques numériques, la régulation de l’open-bar qu’était le web avant Hadopi, tout cela vient ajouter une pierre, ou plutôt une petite boite en carton, élément clé du décor d’Antoine Defoort à l’édifice de sa réflexion.

En une performance qu’il tient solo, dans une logorrhée impressionnante, il raconte, pédagogiquement l’histoire qui a vu, depuis les Lumières,  installer l’idée qu’être auteur est un vrai travail qui mérite salaire. Il dresse le portrait d’incongruités inhérentes à la diversité des œuvres  et à leur pérennité.  On en sort grandit avec une connaissance sérieuse sur la succession plus que policière de Maurice Ravel.

C’est formidable, intelligent et frais, et c’est à voir au 104 jusqu’au 10 octobre dans le cadre du Festival les Singuliers qui propose notamment un concert d’Emily Loizeau.

Infos pratiques

Festival du Cinéma Israélien de Paris
Francofolies de la Rochelle
Duval de Laguierce-Virginie

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