Théâtre
« Germinal » ou le bonheur de voir un vrai spectacle

« Germinal » ou le bonheur de voir un vrai spectacle

06 mars 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Au commencement il y avait le noir, puis la lumière hésitante, puis l’écriture, puis la voix, puis le chant, puis une société, puis des névroses. A la fin, il y a Germinal, passé par Armentières présenté au Festival d’Avignon, et arrivé au 104. Le rapport avec Zola ? On va trouver.

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« Chacun transfère sa pensée vers son propre appareil phonatoire, et c’est bien ». Des phrases cultes du genre, les quatre fantastiques que sont Arnaud Boulogne, Ondine Cloez, Antoine Defoort et Halory Goerger en balancent à la pelle, eux qui savent manier les sciences sociales et l’ironie avec une désinvolture déconcertante.

A eux quatre ils vont créer le monde. Rien que ça. On recommence tout « from scratch », version »2.0″. Très vite, de trouvailles en concepts, un fil se tisse, celui d’une organisation sociétale. Rien, ils ne savent rien du fonctionnement de la conscience et sont loin d’imaginer que l’argent dirige le monde. Le jeu se fait froid et distant entre ces quatre comédiens qui semblent découvrir l’eau chaude à chaque réplique. C’est hilarant car c’est intelligent. Et là réside la force du duo de metteurs en scène que sont les lillois Defoort et Goerger.

Avec leur coopérative de projet, l’amicale de production, artiste associé au CENTQUATRE, ils pensent des spectacles mixtes, à la fois expo,performance ou théâtre, et pourquoi pas tout à la fois.
Germinal a trouvé le bon rythme en progressant surement. On s’attache aux personnages qui nous attrapent avec de la jolie lumière et un beau morceau joué à la guitare. C’est fait de bric et de broc, ça fait un son qui tonne « ploc ploc » et « ça » fonctionne. Ils livrent un spectacle extrêmement actuel sur la folie du rapprochement entre une hyper connectivité et une ultra solitude. Si ils avaient déjà présenté un travail, Cheval, dans le cadre de la tristement disparue Vingt-cinquième heure du Festival d’Avignon, qui rappelons le, proposait de la performance à minuit, et France distraction en 2012, déjà au 104,  c’est ce Germinal qui semble les consacrer dans la cour des grands. Une sortie de mine en quelque sorte. Et puis, dans ce spectacle, finalement, beaucoup de trous sont creusés à la pioche, Zola, doit en fait, ne pas être trés loin.

Germinal © Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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