Humour
Jos Houben clôt la 14ème édition du Festival des clowns, burlesques et excentriques au Samovar

Jos Houben clôt la 14ème édition du Festival des clowns, burlesques et excentriques au Samovar

13 octobre 2015 | PAR Mathieu Dochtermann

Ce samedi, le Festival des clowns, excentriques et burlesques du Samovar à Bagnolet s’achevait sur une très belle journée, avec pour point culminant une master class donnée par l’artiste invité de l’édition, le belge Jos Houben, excellent pédagogue, doté de réserves inépuisables d’humanité… et d’humour.

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Pour tous ceux appréciant l’art du clown, loin des clichés dévoyés du personnage grimé, sinistre voire monstrueux, tel qu’on nous le donne à voir dans une certaine culture populaire, films d’horreur en tête, le Samovar est un lieu incontournable. On y enseigne, pratique, montre un clown intelligent et sensible, fragile et poétique, en un mot: humain.

Chaque année, la rentrée est l’occasion pour le Samovar d’organiser son Festival, dont les diverses composantes s’étalent sur deux semaines et cinq communes. Samedi 10 se clôturait (ou peu s’en faut, un unique spectacle restant à représenter le dimanche) sa 14ème édition, qui mettait la Belgique à l’honneur, sous le parrainage de Jos Houben, clown de talent, formateur de surcroît, belge bien entendu, qui, en plus de dispenser son savoir aux élèves du Samovar, s’est également plusieurs fois présenté sur scène, seul ou avec ses deux comparses Yvo Mentens et Tom Roos.

La journée de samedi s’est commencée par des représentations « hors les murs », à Romainville et aux Lilas, avant de se poursuivre au Samovar.

D’abord, une projection de L’art du rire, spectacle génial créé par Jos Houben il y a 10 ans au Samovar, et capté en l’occurrence au Théâtre du Rond-Point, a mis les spectateurs en jambes. Il s’agit d’un spectacle maintenant bien rôdé, fin, où le prétexte d’un exposé didactique (tout à fait réel par ailleurs) permet à Jos Houben de développer toute sa fantaisie, avec son style très dépouillé, très ordinaire au final, qui renforce évidemment d’autant les éclairs de folie qui le traversent par moment.

La soirée s’achevait sur un cours public, ou master class, avec des étudiants en formation au Samovar. On a alors pu mesurer tout le génie d’un clown expérimenté, entièrement dans la sobriété et l’art du décalage, insistant sur la plausibilité des propositions de départ, tirant le rire des situations les plus anodines, capable des loufoqueries les plus outrées mais surtout d’un humour flegmatique et élégant que l’on pourrait qualifier de britannique s’il n’était belge. Hilarant de bout en bout, mais, au-delà, la très grande générosité, et la très belle humanité de l’homme ont clairement transpiré.

Une belle démonstration de clown moderne, maîtrisé, subtil, dont les spectateurs sont ressortis conquis, après avoir été secoués de spasmes de rire pendant quatre-vingts dix minutes. Ce n’est que le lancement de la saison du Samovar, que l’on ne manquera pas de suivre à mesure de l’avancement de l’année.

Visuel : © Annika Johansson

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Passionné de spectacle vivant, sous toutes ses formes, des théâtres de marionnettes en particulier, du cirque et des arts de la rue également, et du théâtre de comédiens encore, malgré tout. Pratique le clown, un peu, le conte, encore plus, le théâtre, toujours, le rire, souvent. Critère central d'un bon spectacle: celui qui émeut, qui touche la chose sensible au fond de la poitrine. Le reste, c'est du bavardage. Facebook: https://www.facebook.com/matdochtermann

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