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Festival « HEY ! oh, let’s go. Part III » : rock’n’roll et jouissif !

Festival « HEY ! oh, let’s go. Part III » : rock’n’roll et jouissif !

31 octobre 2015 | PAR Mathieu Dochtermann

C’est à un magnifique festival que nous convie HEY ! La Compagnie au Cirque Électrique jusqu’au 1er Novembre. Un beau mélange de choses à voir et à entendre, et un spectacle enthousiasmant: il y en a plus qu’assez pour satisfaire le spectateur à la recherche d’un espace où se mélangent de nombreuses formes d’art populaire underground…

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La revue HEY! et le collectif d’artistes qui se trouve en embuscade derrière ont pris pour habitude de déborder des pages imprimées pour se déployer hors d’un support papier qui risquerait autrement de les enfermer. Cela débouche notamment sur des expositions, comme Tatoueurs, tatoués au Musée du Quai Branly, ou Hey! Modern art & pop culture à la Halle Saint-Pierre, mais également sur des spectacles vivants, comme On a volé le bras de Costentenus. Comme l’affirme avec justesse Mr Djub, alias Julien, l’une des deux moitiés de l’âme de HEY !, « les spectacles, ça rend moins bien sur papier ».

C’est donc maintenant une habitude : tous les deux ans, HEY ! mobilise ses forces et ses troupes pour s’emparer du Cirque Electrique le temps d’un week-end. Performances, expositions, concerts, spectacles, la créativité foisonne et les différentes formes d’art dialoguent.

Cette année, entre expérimentations sonores collaboratives, atelier de sérigraphie, DJ-sets divers et variés, expositions, il y a largement de quoi contenter la petite foule qui s’est amassée sur la terrasse du Cirque Electrique, et qui fait des allers-retours entre l’Anti-Club et le Nouveau Tigre en attendant le clou du spectacle : l’ouverture du chapiteau.

Le spectacle présenté à 21h sous le Big Top est totalement réjouissant, mélange réussi et équilibré de beauté formelle, de prouesses époustouflantes, de musique (rare, puisqu’il s’agit de 78 tours, pour la plupart jamais réédité dans un autre format), d’esthétique avant-gardiste. Pendant 1h30 (avec entracte), les artistes donnent le meilleur d’eux-mêmes, et cela se sent. Dans la pure tradition du slideshow de Music-Hall, les numéros s’enchaînent, sans autre continuité que leur tonalité, l’atmosphère d’élégante étrangeté qu’ils distillent progressivement.

Si l’on doit juger de la qualité des numéros présentés à l’applaudimètre, c’est Alba Faivre au mât chinois qui l’emporte, d’une courte avance, avec des prouesses d’adresses, une grâce certaine, des prises de risque maîtrisées avec un large sourire. Le superbe numéro de suspension de Fancy Chance a également été salué par des salves d’applaudissements. Le néo-buto sombre et fascinant de Yannick Unfricht dans son personnage du Cornu a tout autant emporté l’adhésion, ainsi qu’un magnifique jeu de marionnettes au service d’une histoire de revenants. D’un niveau aussi excellent, le joli numéro de Lalla Morte et l’hilarant jeu de commedia dell’arte que Stella Palino a superposé à un exercice d’empilement de chaises. The incredible bleeding woman de Marisa Carnesky, plus risqué peut-être, a poussé la tolérance de certaines parties du public jusqu’à le mettre mal à l’aise : une performance dotée d’une grande force d’interpellation. Mr Djub était parfaitement dans son rôle de Monsieur Loyal, et Rosita Warlock et Oliver Jerike à l’accompagnement musical ont rempli leurs rôles exquisément.

C’est sous des salves d’applaudissements que la troupe de HEY ! La Compagnie et ses invités ont quitté la piste (pour revenir aussitôt à la rencontre du public, qui ne s’est pas fait prier pour se presser autour d’eux).

Le festival HEY ! oh let’s go dure encore ce samedi soir et dimanche 1er octobre. Un must see pour les amateurs d’art populaire underground !

Infos pratiques

La Scène Watteau
Musée d’Orsay
cirque electrique

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