Danse
« Souviens toi que tu vas mourir » de Sidi Larbi Cherkaoui à La Villette

« Souviens toi que tu vas mourir » de Sidi Larbi Cherkaoui à La Villette

29 juin 2019 | PAR ines arrom

Le chorégraphe belge Sidi Larbi Cherkaoui est à la Villette à Paris pour trois dates et un programme en deux pièces qui présentent deux manières distinctes d’apprécier son écriture. 

 

La soirée commence avec Memento Mori signifiant « souviens-toi que tu vas mourir », qui n’est autre que la fin d’une trilogie entamée en 2004 avec In Memoria, et  Mea Culpa en 2006 créée pour les ballets de Monte Carlo. Une quinzaine de danseurs avec une parité presque parfaite déambulent sur la scène vêtus de sublimes costumes noirs, avec une réelle volonté de mettre les corps en valeur. Fidèle à lui même, Sidi Larbi Cherkaoui, concentre une grosse majorité de ses mouvements entre les bras et le dos. Les jambes obéissent à une dynamique classique, pivots, jets, pointes et déboulés s’enchaînent naturellement. Les tableaux sont simples avec une couleur sobre dominante à chacun d’entre eux et des anneaux amovibles sont suspendus au dessus de la scène créant, grâce à la lumière, l’image d’un OVNI qui serait venu déposer les danseurs sur la scène. 

Il présente un ballet 2.0 qui rend trouble la nature de la danse présentée. Individuellement chaque danseur.se est droit, propre et exécute parfaitement chacun des pas, mais le tableau global donne un rendu fouillis dû à leur placement sur la scène. 

Par cette chorégraphie, Sidi Larbi  nous invite dans une perception évolutive de la mort. Comment il a pu la voir  au début de sa vie, puis comment il finit par l’appréhender en vieillissant. Au début de la performance les danseurs marchent en rang, créant une ambiance austère et mystérieuse. Plus la chorégraphie défile, plus la mort se poétise grâce à des mouvements qui se liquéfient. Selon lui, il n’y a pas à se sentir menacé de la fin, il est même important de poser régulièrement un nouveau regard dessus. 

 

Faun, un cadeau d’anniversaire 

 

À l’occasion des célébrations du centenaire des Ballets Russes, Cherkaoui a adapté l’Après-midi d’un faune de Nijinski de 1912, sur une composition de Claude Debussy.

Sidi Larbi Cherkaoui s’est inspiré de la force du danseur James O’Hara pour créer une chorégraphie autour du faune mi-animal mi-humain. Il partage la scène avec une danseuse qui joue le rôle d’une nymphe. Une relation innocente se créer entre eux malgré une tension sexuelle palpable dans chacun de leurs contacts. 

Pour une fois, Sidi Larbi Cherkaoui propose une performance avec seulement deux danseurs, lui qui a pour habitude de mobiliser de grands groupes. Le duo se cherche sur un seul plateau dont seule varie la lumière alors qu’une image représentant la forêt est projetée sur le fond de la scène. Contrairement à la danse précédente, les danseurs sont moins coordonnés et rarement synchronisés. Les âmes des deux personnages semblent se mêler grâce à des mouvements complémentaires qui les ramènent toujours corps à corps. 

Le faune et la nymphe de Cherkaoui à la fois sauvages et enfantins, font glisser leurs mouvements sur une musique recomposée qui emmène d’un style à l’autre, d’un siècle à un autre. 

 

 

Visuel : © Memento Mori, La Villette 

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ines arrom

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