Danse
Rayahzone, entre danse contemporaine et musique soufie

Rayahzone, entre danse contemporaine et musique soufie

10 mars 2012 | PAR La Rédaction

C’est un très beau mélange qui est visible actuellement au théâtre de Suresnes et qui sera par la suite en tournée dans toute la France. A travers la musique soufie, trois danseurs campent trois personnages, la Folie, la Raison et la Mort, les corps se mêlent et s’entremêlent dans une dynamique au point de ne plus savoir qui est qui, quoi est quoi…

La musique soufie tunisienne cherche la spiritualité, de ses chants enivrants naissent trois personnages, trois danseurs qui laissent agir sur eux les chants soufis. C’est une transe, sans paroles, avec une rythmique, une performance, celle des corps que rien arrête. Ici il ne s’agit pas de narration, pas d’histoire mais une succession de chorégraphies qui prennent toute leur essence dans la voix hypnotique des cinq chanteurs.

Pendant une 1h15 on est hypnotisé, porté dans les contrées d’une spiritualité musulmane. Nul besoin de s’y connaître pour se laisser charmer. Dans un décor sobre, cinq chanteurs sont dispersés ici et là sur la scène, comme dans un tableau baroque ou une performance d’art contemporain, ne se regardant pas, étant quasiment immobiles, chantant a cappella, faisant véritablement corps avec de décor ; parfois l’un d’entre eux parfume l’espace d’encens et c’est alors à notre odorat -après l’ouïe et la vue- d’être kidnappé, happé dans un sentiment d’apaisement oriental.

Et les danseurs, au nombre de trois dont deux frères, dont un est unijambiste et qui est éblouissant par sa gestuelle, son énergie, son adresse, prennent d’assaut le décor obéissant aux timbres de Sofyann Ben Youssef et ses quatre autres solistes, tels trois cobras guidés par des charmeurs de serpents. C’est parfois très impressionnant, troublant ; mais toujours beau, on est dans un pur état de contemplation esthétique.

On pourra regretter un certain manque de cohérence (s’il y en a une) entre les différent(e)s tableaux/chorégraphies que l’on ne parvient pas toujours à saisir ; ainsi qu’une idée du propos des chants qui ne nous est pas donnée et que l’on aurait aimé avoir (mais cela n’empêche pas le plaisir des yeux et des oreilles).

Dépaysement assuré, Rayahzone est l’occasion pour tous de découvrir une culture dont l’image est plus qu’écornée dans nos médias actuels.

Rayahzone, conception et chorégraphie Ali Thabet, Hèdi Thabet, direction musicale Sofyann Ben Youssef.

Visuel : (c) Dan Aucante

Kylhian Hildebert

 

BD : décès du dessinateur et scénariste Jean Giraud, alias Moebius
« Y’a pire ailleurs »: Najac, le village fétiche de Jean Henri Meunier
La Rédaction

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture